Établissements Agache Fils (Pérenchies)

Établissements Agache Fils (Pérenchies)

Le Petit Bleu de Paris, 22 mars 1936, p. 2

Les Assemblées Générales

Bien qu'en amélioration sur les précédents, les résultats de 1935 sont hors de proportion avec le capital investi et une répartition n'est possible que par un prélèvement sur la réserve de prévoyance.

Les actionnaires se sont réunis, à Lille, le 10 mars courant, en assemblée générale annuelle, sous la présidence de M. E. Descamps, président du Conseil d'administration.

Ils ont approuvé les comptes de l'exercice clos le 31 décembre 1935, qui accusent un bénéfice de 1.074.242 fr., soit, y compris, sur la proposition du Conseil, un prélèvement de 967.200 fr. sur la Réserve de prévoyance, un total disponible de 2.041.442 fr., qu'il a été décidé de répartir comme suit : 4 % d'intérêt aux 193.600 actions de capital, soit 10 fr. par action, 1.935.000 francs ; Tantièmes du Conseil, 96.800 francs ; Report à nouveau, 8.642 fr.

Le coupon de 10 fr. brut sera mis en paiement, sous déduction des impôts, à partir du 1er avril prochain.

MM. Jean Delemer, Emmanuel Descamps, Max Descamps et Claude Saint-Léger, administrateurs sortants, ont été réélus pour une nouvelle période de six ans.

Dans son rapport, le Conseil appelle l'attention sur l'importante modification qu'a subie le compte des Participations industrielles (il n'est plus inscrit au bilan que pour 2.326.883 fr.).

« Le Conseil, dit le rapport, désireux de parachever, cette année, l'assainissement définitif des intérêts de la société dans les Textiles Chimiques du Nord et de l'Est, a pris la décision d'amortir intégralement la valeur pour laquelle ils figuraient encore à l'actif. Il espère sincèrement que cette entreprise finira par venir à bout des graves difficultés qui entravent actuellement l'essor de son industrie, mais il a voulu que, quelles que fussent pour elle les conséquences de la lutte sévère qu'il lui faut soutenir, le bilan de la société Pérenchies ne risquât plus d'en être influencé que dans un sens favorable. »

En ce qui touche la marche industrielle de l'entreprise, le Conseil n'a pu encore se féliciter, malheureusement, d'avoir vu se rétablir « une marge normale entre le prix de revient du jour et le prix de vente, celui-ci s'étant constamment maintenu à un niveau désavantageux ». Cela tient à ce que « la consommation du pays, malgré un gros effort de propagande, ne réussit pas à s'équilibrer avec une production fortement réduite, pourtant, par l'arrêt de nombreux établissements ».

L'exportation, ajoute le Conseil, qui assurait à nos filatures de lin un débouché important, est rendue à peu près impossible : l'Angleterre et la Belgique produisent à meilleur compte ; l'Allemagne restreint de jour en jour ses achats extérieurs ; l'Italie était notre meilleure cliente, mais la politique des sanctions, en déviant ailleurs les courants commerciaux préétablis, risque d'y anéantir pour toujours le fruit de nos efforts et le plus clair de ses effets a été, pour nous, la perte immédiate et totale de ce marché, et pour nos ouvriers un facteur supplémentaire de chômage.

Sources :
Le Petit Bleu de Paris, 22 mars 1936, p. 2 — RetroNews (BnF) La Journée industrielle, 11 mars 1936, p. 2 — RetroNews (BnF) L'Information financière, économique et politique, 12 mars 1936, p. 9 — RetroNews (BnF)