Claude Adolphe Georges SAINT-LÉGER — Né le 24/03/1897 à Lille — Décédé le 14/12/1944 à Bassens (Pas de Calais)
Claude Adolphe Georges SAINT-LÉGER
Né le 24/03/1897 à Lille
Décédé le 14/12/1944 à Bassens (Pas de Calais)
Résumé
Claude Adolphe Georges Saint-Léger naît le 24 mars 1897 à Lille, fils d'André Saint-Léger et de Marguerite Delemer. Sa vie se déroule entre le monde des affaires et deux guerres mondiales.
Dès l'été 1915, à 18 ans, il s'évade de Lille occupée par les Allemands — le 24 août — et s'engage volontairement le 20 octobre suivant dans le 32e Régiment de Dragons. Pendant la Grande Guerre, il accumule trois citations : à l'ordre du Régiment en avril 1917, puis deux à l'ordre de la Division en octobre et novembre 1918, qui lui valent la Croix de guerre 1914–1918. En avril 1918, il rejoint le 26e Bataillon de Chasseurs à pied.
Après l'armistice, il épouse en 1923 Agnès Sabine Madeleine Marie Wattinne (1904–1993), réunissant par cette union les réseaux Saint-Léger-Agache et Wattinne-Bossut-Prouvost — deux grandes dynasties du textile nordiste liées aux familles Droulers, Bossut et Prouvost. En 1924, il est nommé administrateur des Établissements Agache — l'une des plus importantes entreprises françaises de filature de lin, chanvre et coton — puis administrateur-délégué en 1929. En 1925, il se présente aux élections municipales de Lille sur la liste de l'Union républicaine des intérêts lillois. Au centenaire des Établissements Agache en septembre 1928, père et fils figurent côte à côte parmi les administrateurs réunis autour de Donat Agache, événement couvert par plusieurs grands journaux nationaux. En janvier 1933, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire.
La Seconde Guerre mondiale lui impose une nouvelle rupture. Le 3 décembre 1939, il se mobilise volontairement et rejoint la 3e Compagnie de Mitrailleurs de Défense Antiaérienne du Territoire à Lille. Le 1er mai 1940, il est capturé à Dunkerque par les Allemands et fait prisonnier à Mardyck, avant d'être interné à l'Oflag 8A à Kreuzburg en Silésie. Il est libéré le 15 octobre 1941 puis démobilisé. Mais il ne renonce pas. En 1942, en voyage en Algérie pour les filatures Agache, il rallie la France libre au lendemain du débarquement allié du 8 novembre. Incorporé le 13 novembre 1943 à Alger, il est envoyé en Angleterre fin janvier 1944 et cantonné à Southlands, Parkside, Wimbledon, où il suit un cours de formation pour officiers de liaison de campagne, placé sous l'autorité du commandant de Boislambert et du commandant Clémenceau, à la tête de la Mission militaire française auprès des Alliés. Il termine ce cours fin avril 1944 et est nommé chef de mission L of C le 27 avril. Il quitte l'Angleterre le 7 juin 1944, au lendemain du Jour J, et débarque à Ouistreham le 17 juin.
Il est alors affecté au Civil Affairs — le service allié chargé de rétablir les autorités civiles françaises et les services publics dans les territoires libérés, en liaison avec les préfectures et les municipalités. Il sert comme chef de la Mission militaire de liaison administrative (MMLA), le corps d'officiers français dont le rôle était de faire le lien entre les commandements militaires britanniques et américains d'une part, et les autorités civiles françaises reconstituées d'autre part. Auprès du 8e Corps Blindé Britannique, il participe à l'évacuation des populations civiles dans le secteur du Bény-Bocage. Promu chef de bataillon le 1er septembre 1944, il prend la tête de la mission L of C (Lines of Communications) — la coordination des voies d'approvisionnement, de transport et de communication entre les zones de combat et les bases arrière, couvrant le secteur Amiens–Lille–Pas-de-Calais. C'est le plus haut poste de la mission franco-britannique dans le nord de la France libérée. Il meurt en service commandé le 14 décembre 1944, à 47 ans, dans un accident d'automobile dû au brouillard, sur la route d'Amiens à Lille. Une citation comportant attribution de la Croix de guerre 1939–1945 avec palme lui est décernée le 13 mars 1945 à titre posthume, signée Charles de Gaulle, et publiée au Journal officiel du 19 avril 1945. Il est reconnu résistant homologué par le Service historique de la Défense (cote GR 16 P 530758). Les Établissements Agache, auxquels il avait consacré vingt ans de sa carrière, seront absorbés en 1967 par les frères Willot, puis passeront sous le contrôle de Bernard Arnault, qui en fera le noyau du futur groupe LVMH.
Sources :
- données familiales (gedcom)
- Stéphane Jacquet et Marc Henri Barrabé, La percée du bocage, vol. 3, Heimdal, 2014 (ISBN 978-2-84048-587-2)
- Le Réveil économique, 3 octobre 1928 (RetroNews/BnF)
- La Journée industrielle, 11 septembre 1928 (RetroNews/BnF)
- L'Information financière, 20 février 1924 (RetroNews/BnF)
- Le Nord maritime, 29 avril 1925 (RetroNews/BnF)
- Base Léonore, Archives nationales, cote LH/2430/55
- Mémoire des Hommes, SHD, cote GR 16 P 530758
- Mémoire des Hommes, SHD, cote AC 21 P 148010
- Journal officiel, 19 avril 1945 (RetroNews/BnF)
- Archives départementales du Nord, matricule 1R 3365
- Correspondances de Londres, février-mai 1944, archives familiales Saint-Léger
Arbre généalogique
29/09/1870 — 25/08/1952
Marguerite DELEMER
13/03/1876 — 28/10/1953
31/10/1875 — 08/12/1927
Madeleine DROULERS
23/01/1883 — 23/02/1974