Journal de guerre — 223e détachement des Affaires civiles, n° 2 Civil Affairs Group
Journal de guerre — 223e détachement des Affaires civiles, n° 2 Civil Affairs Group
Unité : N° 223 Detachment Civil Affairs (223 CA Det), N° 2 Civil Affairs Group
Officier commandant : Major W. A. de Graves (puis Major W. A. de Graves, DSO)
Cote : TNA, WO 171/3587, Box 01427/5
Période : juin – septembre 1944
Juin 1944 — Feuillet 1
East Hampstead, 12 juin. — Reçu l'ordre de rejoindre, avec les détachements 224, 225, 221 et une unité du RASC, la zone T-1, S. Woodford, en vue d'une destination française.
East Hampstead, 13 juin, 0215. — Réveil et rangement des bagages et du matériel personnel. Petit-déjeuner à 0300 au mess A. Convoi formé à 0400, départ pour la destination. Temps clair au départ, pluie à l'arrivée à 0730. Cantonnement sous tentes, distribution de couvertures, change de livres sterling en francs français.
T-1, S. Woodford, 14 juin. — Les officiers et les hommes reçoivent gilets de sauvetage, sacs vomitoires, rations et divers articles manquants. Les officiers de camp font de leur mieux pour nous aider. Les officiers américains bénéficient de courtoisies particulières.
T-1, S. Woodford, 15 juin, 0430. — Les véhicules sont acheminés aux docks pour embarquement. Les officiers et les hommes de troupe restants sont transportés en autobus à 1300 et arrivent aux docks à 1530.
Royal Albert Dock, 15 juin, 2030. — Embarquement sur l'Empire Deed. Attribution des quartiers. Les officiers logent dans l'espace sous la cale n° 4 : air vicié, surpeuplement, nécessité d'enjamber les hommes de troupe pour accéder aux hamacs. Les autres grades sont affectés à la couverture de l'écoutille.
King George V Dock, 16 juin, 0645. — Une bombe-fusée frappe un entrepôt à 100 mètres sur notre tribord et à l'avant de notre navire. Alerte aérienne en vigueur depuis 2300 la nuit dernière. Nombreuses bombes-fusées et tirs antiaériens observés depuis lors.
Albert Dock, 16 juin, 0845. — Un autre avion sans pilote allemand s'écrase cette fois sur un entrepôt côté port et à l'avant du navire, à 50 mètres. Des tôles, métaux et éclats volent à travers la proue du navire. Une ambulance chargée de blessés quitte la zone de l'entrepôt. La couverture de l'écoutille côté proue est projetée dans la cale par le souffle de l'explosion. Appareillage pour la Tamise à 1420. Alerte maintenue 11 heures.
Tamise, 17 juin, 1935. — Appareillage en convoi.
Manche, 18 juin, 0730x. — Terre aperçue à 1920. Mer calme. Mouillage à 2100. Gold Beach. Observation d'un avion sans pilote à 2305 et tirs antiaériens. À 2345, nouveau tir antiaérien. Aucune disposition suffisante pour la sécurité des hommes de troupe dormant sur la couverture de l'écoutille et exposés à la DCA. Les hommes sont informés que ceux qui le souhaitent peuvent descendre sous l'écoutille, même dans les quartiers des officiers. Les tirs antiaériens se poursuivent toute la nuit par intermittence.
Zone Juneau, au large des côtes françaises, 19 juin, 0745. — Levée de l'ancre à Gold Beach, cap sur la zone Juneau. En route, notre navire percute le flanc du destroyer britannique Jervis à l'ancre. Le Jervis perd ou endommage deux canons, un bastingage et un radeau de sauvetage ; une entaille est pratiquée dans son flanc tribord. Heure de l'accident : 0827. Nouveau mouillage entre Courseulles-sur-Mer et St. Aubin-sur-Mer. Vent de 100 km/h toute la journée.
Juin 1944 — Feuillet 2
Zone Juneau, au large des côtes françaises (suite), 19 juin, 1820. — Un autre avion-fusée passe près de notre navire à environ 60 mètres de hauteur en direction du sud. La sirène retentit après que l'appareil a bien dépassé le navire. Tirs d'artillerie presque toute la journée. Mer forte, froid, ciel couvert, vent et bruine.
20 juin, 1515–1530. — Avions ennemis survolent la zone. Tirs antiaériens et obus. Bombes sur la côte. Temps et mer identiques à hier. Éclaircies l'après-midi, mer agitée.
20 juin, 2020. — Alarme du navire. Mine ou bombe larguée côté port. Avion côté tribord.
20 juin, 0010. — Alerte sur notre navire. Tirs à l'horizon, côte française. Série d'explosions attribuées à des bombes allemandes. — Canons tirant le long de la côte presque toute la journée. Ciel couvert, vent, mer agitée, froid. Nos autres chars toujours exposés aux intempéries.
22 juin, 1050. — Mines ou bombes larguées côté plage de notre embarcation. Fortes vibrations. Bombardements le long de la côte peu après minuit et tôt le matin. Projecteurs et éclairs le long de la côte. Mer un peu plus calme, quelques rayons de soleil, vent en baisse. Quelques péniches de débarquement se dirigent vers la rive.
22 juin, 1205. — Nouvelle mine ou bombe posée par un avion allemand. À 200 mètres de notre bord, côté plage. Le vent forcit mais quelques barges de débarquement entrent. À 1225, fin d'alerte. L'après-midi, signalement d'un avion allemand abattu. L'un de nos bombardiers pique et explose ; deux parachutes aperçus s'échappant de l'appareil avant la chute. Depuis environ 2300 la veille jusqu'à 0200 ou 0300, des avions allemands larguent des mines le long de notre zone côtière. Un appareil allemand s'abat en flammes. La DCA arrose notre pont.
23 juin, 0830. — Des péniches de débarquement américaines s'approchent de chaque côté et commencent le déchargement à 0850. Notre camion 3 tonnes est le dernier chargé sur la péniche avant qu'elle reparte à 1520, mais en raison de la lenteur du chargement, moins de 15 véhicules ont pu y prendre place (capacité : 70). Il faut partir pour que la péniche puisse atteindre la plage avant la marée basse. Notre embarcation arrive sur la plage près de Courseulles-sur-Mer à 1550. Notre camion 15 cwt n'a pu être chargé sur aucune des deux péniches.
Côte française près de Courseulles, 23 juin, 1750. — Notre 3 tonnes est le premier véhicule à atteindre la côte française depuis la barge US 359, conduit par le Sgt. Stevens. Traversée d'une courte portion d'eau peu profonde. En raison d'un lourd concasseur à roues étroites tiré du bateau par notre camion, il a fallu faire appel à un tracteur à chenilles pour dégager notre véhicule de la circulation autour de la péniche. Le tracteur a accroché l'aile avant gauche du camion et l'a arrachée.
Camp administratif CA, Reviers, 23 juin, 1900. — Campement à environ 800 mètres à l'ouest de Reviers, près du pont sur la Seulles. Dans la nuit, DCA et avions allemands sur la côte. Des tranchées individuelles déjà creusées servent à dormir.
24 juin, 1800. — Le Capt. Kerin, le conducteur Gunnel et le cuisinier McNamara arrivent avec le camion 15 cwt. Ils rapportent qu'à l'ancrage un bateau a pris feu, un autre a été touché et coulé aux deux tiers, un troisième endommagé.
25 juin, 1100. — Ordre de rejoindre le QG CA du 8e Corps à environ 800 mètres à l'ouest de Lantheuil pour se présenter à 1200. La circulation routière empêche d'arriver avant 1300. Conférence et briefing à 1345.
Camp administratif CA, QG Reviers, 25 juin (suite). — Sur ordre, départ pour le QG avancé de la 15e Division écossaise à Cully, mais renvoyés de là vers le QG arrière à ½ mile au sud de St. Gabriel, où l'on arrive à 1800. Installation du camp.
26 juin. — Ordre d'établir notre QG de détachement à St. Mauvieux. Départ à 1723. Une panne moteur contraint notre camion 15 cwt à s'arrêter au REME de Secqueville-en-Bassin pour réparations. Le Capt. Potter, le conducteur Gunnel et le batman Buckley restent sur place en attente. De même le Lt. Mullens avec sa moto. Le reste du détachement et le 3 tonnes poursuivent vers la destination.
St. Mauvieux, 26 juin, 1800. — Le Major de Graves et le reste du détachement arrivent à St. Mauvieux vers 1800. Le village est encore sous le feu des mortiers et de l'artillerie, et des tireurs isolés sont signalés dans la partie la plus avancée, qui est très endommagée. Le maire et les autres responsables sont partis ; seules trois familles totalisant 14 personnes demeurent, dont un blessé. Elles étaient sans nourriture depuis deux jours. Deux corps, un homme et une femme, gisent dans les ruines. Les civils restants sont : Louis Rousin, sa femme et deux enfants ; Eugène Larose, sa femme et deux enfants ; M. Lepaule et deux enfants ; Mme Lepaule (grand-mère) et Émile Larose et sa femme. Une contre-attaque se préparant et aucun bâtiment habitable ne subsistant, tous les civils sont évacués pour la nuit à Secqueville-en-Bassin et pourvus de laissez-passer pour rejoindre des familles de la région. Le blessé est évacué en ambulance sur Bayeux. St. Mauvieux est entièrement évacué et n'offre aucun logement. Aucun réfugié ne reste dans le secteur et aucun mouvement de réfugiés. La circulation routière est satisfaisante. Des rations sont laissées aux réfugiés. Le Major de Graves et le détachement reviennent avec le 3 tonnes à Secqueville-en-Bassin et passent la nuit dans une grange ouverte. Le REME travaille jusqu'à presque minuit sur le 15 cwt et termine le lendemain matin. Ils estiment que ce camion n'aurait jamais dû être admis au service outre-mer.
Gare de Bretteville-Norrey, 27 juin, 1500. — Départ de Secqueville-en-Bassin sur ordre et arrivée à la gare de Bretteville-Norrey à 1500. Pendant notre installation, nous recevons l'ordre du 8e Corps d'être relevés par le détachement 218, initialement affecté à ce district mais retardé à l'arrivée. Le détachement 218 arrive et notre détachement part à 1610 pour le QG arrière du 8e Corps. En attente sur place.
Lantheuil, 28 juin. — Séjour au camp. Aucune nouvelle instruction. Temps instable comme depuis deux jours. Routes boueuses, mais meilleures aujourd'hui.
29 juin. — Tirs intenses de notre artillerie dans les environs. Pluies violentes.
30 juin. — Notre camion 15 cwt envoyé avec le détachement 217 au QG de division pour les aider à récupérer leurs transports et stocks G-1098, abandonnés en raison d'une contre-attaque allemande sur leur position d'origine. À l'arrivée, le 3 tonnes a été retrouvé et le 15 cwt de notre détachement est rentré au camp.
Juillet 1944 — Feuillet 1 (Original-1)
Lantheuil, France, 1er juillet, 0800. — En attente au QG CA du 8e Corps à environ 800 mètres à l'ouest de Lantheuil. Tirs d'artillerie et DCA alentour de minuit à 0300.
1er juillet, 1800. — Instructions du 2 C.A. Adm : le courrier américain doit transiter par l'APO américain, le courrier des Américains ayant été bloqué en raison du respect de l'instruction précédente qui exigeait de passer par l'APO britannique sans adresse de retour sur l'enveloppe. Temps toujours frais.
2 juillet, 1430. — Bain des officiers et des hommes à la rivière, à 800 mètres à l'ouest de Reviers.
2 juillet, 1800. — Le 1er Lt. Mullens et le Sgt. Stevens, sur ordre du QG, quittent Lantheuil avec notre camion 3 tonnes.
2 juillet, 1930. — Ils rejoignent le RTN du 8e Corps au nord de Cheux, d'où ils partent pour Condé-sur-Odon à 2030 avec un convoi de 7 camions 3 tonnes transportant 210 réfugiés, et arrivent à destination à 2200. Le convoi y dépose deux chargements de réfugiés puis poursuit avec le reste vers Amblie à 0100, où notre camion passe la nuit.
3 juillet, 0100. — Notre camion passe la nuit à Amblie.
3 juillet, 0930. — Notre camion quitte Amblie et arrive à Cheux à 1130, où il reste.
4 juillet, 1000. — Le Lt. Mullens rentre au camp. Violent barrage de notre artillerie de 0245 à 0500. Précédé de notre DCA contre des avions allemands à 1145 la nuit dernière.
4 juillet, 1115. — La DCA tire directement au-dessus de nous, des éclats tombent près de nous ; signalement d'un avion allemand abattu à environ 800 mètres au sud en crashant. Un artilleur vient nous voir, affirmant avoir abattu l'appareil en question. Il lui faudrait des témoins indépendants pour obtenir reconnaissance officielle. Aucun de nous n'a pu observer les effets du tir en raison de la forêt dense dans laquelle nous nous trouvons.
4 juillet, 1805. — Trois ou quatre autres avions allemands passent, DCA intense. Les appareils repartent vers les lignes ennemies. Nouveaux éclats près de nous. Forte activité des chasseurs britanniques. Toujours froid et boueux.
4 juillet, 2330. — Violent barrage de notre artillerie dans les environs.
5 juillet, 1800. — Nouveaux tirs de DCA intenses la nuit. Vrombissement terrifiant d'un avion. Signalé plus tard qu'un autre appareil allemand a été abattu à ce moment. Parmi les mots de passe utilisés et changés chaque jour : Song and Dance, Dutch Courage, Elephant and Castle, Snow White, Bo Peep et Slings and Arrows. La personne interpellée donne le premier mot, la sentinelle le second.
6 juillet, 1800. — Le Capitaine John Look (USA) et le soldat Latimer affectés à notre détachement ce jour.
Juillet 1944 — Feuillet 2 (Original-2)
Lantheuil, 6 juillet (suite), 1800. — Déménagement du camp de l'autre côté de la route, vers un emplacement plus ensoleillé et plus spacieux. Le Sgt. Stevens part chercher des tentes au QG du 8e Corps mais ne rentre pas avant 1800 environ. Tirs d'artillerie et DCA intenses la nuit dernière. Signalement d'un avion allemand abattu. Le détachement 224 CA, campé près de nous, est envoyé dans la zone de Cully, QG à Cully, juste au sud.
7 juillet, 1800. — Ce matin, le QG du 8e Corps convoque le Major de Graves pour traiter l'évacuation de 500 têtes de bétail dans diverses parties de la zone de combat. Sur place, le Major de Graves apprend que le gouvernement français, De Gaulle, prendra en charge le problème. — Ce soir, ordre de se tenir prêt à évacuer des réfugiés. Deux vagues de bombardiers totalisant environ 450 appareils survolent notre camp et rentrent escortés par des chasseurs. Feux, fumée, flammes et fusées éclairantes visibles en direction de Caen. Notre artillerie tire toute la nuit. Un avion allemand passe avant le bombardement.
8 juillet. — Effectif nominal envoyé au QG du 8e Corps. Tirs de notre artillerie toute la journée à proximité.
9 juillet. — Toujours froid et couvert.
10 juillet. — Douches chaudes pour les officiers et les hommes à Fontaine-Henry à 1600. Tirs d'artillerie et DCA dans la journée. Sur instructions, notre équipement de haut-parleurs et les batteries sont acheminés au QG du 8e Corps.
11 juillet. — Toujours froid et couvert. Le QG du 8e Corps collecte 40 000 francs auprès du Major de Graves en tant que sous-comptable du détachement, ne laissant plus que 10 000 francs sur les 50 000 francs initiaux. Ordre du QG du Corps d'envoyer immédiatement le camion 3 tonnes et un officier auprès du Det. 224 CA à Cully pour transporter des réfugiés. Le camion part à 1500 avec le Capt. Kerin et le Sgt. Stevens et rentre à 1900, sans avoir transporté de réfugiés car l'armée les a acheminés vers un camp.
12 juillet, 1430. — Le QG du Corps amène nos sous-officiers à Bayeux dans notre camion 3 tonnes. Froid et couvert, mais modéré l'après-midi.
13 juillet. — Bilan mensuel de comptabilité remis au SO 1 Finance. Tirs DCA habituels en soirée et dans la nuit.
14 juillet, 1130. — Reçu l'ordre de se tenir prêt à être affecté au 5 L of C depuis le 8e Corps. Le Capt. Kerin et le Capt. Potter se rendent sur le territoire qui nous est assigné.
15 juillet. — Tirs d'artillerie et DCA comme chaque jour. Le Major de Graves décide de s'installer dans les locaux occupés par le Det. 224 CA à Cully. Pain frais, première livraison hier.
Cully, 16 juillet. — Déménagement à Cully, propriété de M. Cotel. Deux chambres pour les officiers, cuisine dans une remise en pierre, hommes de troupe sous tente sur prairie, une tente montée pour le mess des officiers. Le G-1098 prévoit trois tentes mais nous n'en avons qu'une malgré de nombreuses demandes. Barrage toute la nuit et avions allemands.
Cully, 17 juillet. — Notre camion 3 tonnes va à St. Croix Grand Tonne pour transporter environ 500 réfugiés. Le Major de Graves se rend au QG 5 L of C pour recevoir des ordres. Le Capt. Potter et le Sgt. Maj. Hooker aménagent le bureau dans l'ancien cabinet de M. Cotel, dûment réquisitionné par le détachement précédent. Pilonnage allemand intense dans les environs de Cully. Temps clair et chaud.
Juillet 1944 — Feuillet 3 (Original-3)
Cully, 17 juillet (suite). — Le Capt. Kerin et le Lt. Mullens visitent une partie du territoire assigné. Les communes de Ricqueville, Martragny, St. Croix Grand Tonne, Brecy et St. Gabriel ont des problèmes de réfugiés ; les maires signalent qu'ils n'ont pas été contactés par les autorités françaises et qu'ils ne peuvent plus nourrir et habiller leurs réfugiés sans aide. Des chevaux allemands dans le territoire ont été inspectés, évalués et marqués ce jour par un représentant du Commissariat général de la République. Les officiers visitent également le camp de réfugiés dans la fromagerie de St. Croix Grand Tonne, qui a hébergé environ 250 réfugiés jusqu'à l'afflux en provenance de Caen. Le Det. CA 228 manque de transport pour les personnes très jeunes et âgées ; en conséquence, notre camion 3 tonnes et le Sgt. Stevens leur sont prêtés. Plusieurs maires signalent des vols de pommes de terre par les troupes.
18 juillet. — Situation normale dans notre zone. La population se consacre surtout à l'agriculture et aux moissons. Pas de pénurie alimentaire mais pas non plus d'excédents anormaux. Les mouvements de réfugiés sont réduits et maîtrisés. Pas de main-d'œuvre excédentaire disponible ; les rares journaliers sont mobilisés pour la moisson. Les agriculteurs se plaignent du manque de ficelle à botteler. La situation hydraulique est satisfaisante mais l'usage militaire pourrait poser un problème. — Trafic intense de chars et de canons dans la nuit et la matinée. Nombreux avions ; dix parachutes aperçus descendant au sud-sud-ouest — les nôtres. Plusieurs centaines de bovins et de chevaux « réfugiés » pâturent près de Secqueville. Le Sgt. Stevens effectue un trajet avec le 3 tonnes pour le Det. 228 à Bayeux. La nuit, nombreuses fusées éclairantes larguées par des avions allemands dans diverses directions.
19 juillet. — Le Capt. Kerin et le Lt. Mullens rendent visite aux maires du territoire. Les maires se plaignent de pillages par les troupes. Les Allemands auraient payé environ 40 000 francs pour des chevaux, alors que les Français en paient jusqu'à 75 000 pour les mêmes. Mme Rousell, qui gère le camp de réfugiés de St. Gabriel, demande l'assistance d'un officier français pour encadrer les réfugiés ainsi qu'ustensiles de cuisine et produits sanitaires. Nous lui conseillons de s'adresser au Comité national français, en lui communiquant le nom de M. de Grat, 14 rue des Loupe, Bayeux, et du sous-préfet de la zone.
19 juillet, 1730. — Reçu du QG L of C, sous-zone 5, instruction d'aviser tous les maires de notre secteur que les demandes concernant les réfugiés français doivent être adressées aux Services des réfugiés, sous-préfecture de Bayeux, à M. Ducarpe. Reçu également du même QG à 1315 que, jusqu'à nouvel ordre, tout retour non encadré de réfugiés vers Caen est suspendu dans l'attente d'instructions des autorités civiles.
20 juillet. — Pénurie générale de ficelle à botteler dans notre zone ; le QG 5 L of C en est informé. Temps pluvieux. — Ce jour et la veille, le Capt. Kerin et le Lt. Mullens ont fait afficher par les maires de Martragny, Sequeville, Brecy, Coulombs, St. Croix Grand Tonne et Vaux-sur-Seulles les proclamations et avis relatifs aux mouvements de civils et de réfugiés, au black-out, aux photographies, au couvre-feu, aux armes, à la lettre de M. Coulet, à la proclamation du général Eisenhower, aux pigeons voyageurs et au butin de guerre. Les maires des autres communes du district les avaient déjà affichés sur instruction du Det. 224.
Juillet 1944 — Feuillet 4 (Original-4)
Cully, 21 juillet. — Signalé au QG 5 L of C une épidémie de dysenterie touchant 34 réfugiés au château de Camilly. Le Capt. Kerin avait hier contacté le Sqdn Ldr Davies, médecin-chef du 121e Wing RAF stationné à proximité ; lui et deux de ses infirmiers visitent le château et se chargent du traitement et des conditions sanitaires. Peu de tirs d'artillerie. Temps instable, comme hier. Pluies denses.
22 juillet. — La CMP, avec 4 officiers et 123 soldats, couvre le même territoire que nous et a établi son QG à St. Croix Grand Tonne. Plusieurs avions ennemis dans la nuit comme d'habitude, tirs habituels. Le détachement reçoit un journal relatant l'attentat contre Hitler. Émissions radio également entendues à l'unité cinématographique voisine. Nombreuses demandes de réfugiés pour rentrer à Caen ou en d'autres lieux à plus de 10 km de leur camp. Ces demandes pour Caen sont renvoyées aux Services des réfugiés de Bayeux, car il nous est interdit d'accorder de tels laissez-passer. La moitié environ des demandes concerne Caen.
23 juillet. — L'épidémie de dysenterie au château de Camilly est maîtrisée. Le Det. CA 228, commandé par le Major Stiles, transfère la gestion du camp de réfugiés de St. Croix Grand Tonne aux autorités françaises. Un signalement de vol à main armée imputé à des soldats d'Elsie Mas, 40 Cully, est transmis à la CMP dans notre zone. — Avions allemands dans la nuit, éclats de DCA tombent autour et sur notre cantonnement.
24 juillet. — Liste détaillée des stocks G-1098 envoyée au OC 2 CA Group. Seule une tente a été fournie à notre détachement alors que nous avons droit à trois. Les demandes répétées sont restées sans résultat. Le Capt. Kerin et le Lt. Mullens poursuivent les visites aux maires concernant le bois disponible et la situation des réfugiés. Couvert mais sans pluie. Avions allemands dans la nuit.
25 juillet. — Le Capt. Kerin, le Lt. Mullens et un capitaine français du QG inspectent les communes au sujet du bois, des chevaux allemands, du grain et des réfugiés. Cas d'hépatite infectieuse (ictère) signalé à Cully par l'Inns of Court Regt RAC. Le membre de l'unité concerné est évacué au 77e hôpital général. Le camp est interdit aux civils. DCA intense. Avions allemands au sud et au sud-est le soir. Feux et lueurs dans le ciel.
26 juillet. — Poursuites des vérifications auprès des maires. Notre moto affectée au Lt. Mullens est inutilisable (joint de culasse). Contact établi aujourd'hui avec le Det. CA 219 de Thaon pour l'envoi d'un médecin au château de Camilly. Le Major de Graves se rend à Caen. Un obus allemand éclate à faible distance devant eux, tuant un enfant. Le Capt. Kerin est avisé par le maire de Martragny qu'un dépôt de munitions allemandes se trouve dans un bâtiment verrouillé. L'entrée est forcée : des boîtes de munitions de mitrailleuse allemande, détonateurs, obus de mortier, fumigènes, câbles et commutateurs électriques sont découverts. La porte est re-clouée et des avis apposés. Notification envoyée à l'unité compétente. Première distribution de viande fraîche. On annonce que les rations fraîches seront désormais disponibles un jour sur deux.
27 juillet. — Le Major de Graves se rend à Bayeux pour obtenir l'autorisation d'échanger sa moto, les pièces pour Triumph étant introuvables ici. Demande également formulée pour l'échange de notre 15 cwt, en panne fréquente depuis le début. Il avait déjà servi avant la présente campagne. Un certificat est établi. Notre détachement manque cruellement d'une jeep pour la nature de ses missions. Demande formulée ce jour auprès du 5 L of C pour un poste de radio, des livres, magazines, revues, articles de sport et autres équipements de bien-être disponibles à titre gratuit.
Juillet 1944 — Feuillet 5 (Original-5)
Cully, 28 juillet, 1800. — Informé le QG 5 L of C que les maires du district estiment impossible de nous fournir rapidement des informations pour établir des cartes en couleurs indiquant l'emplacement et la superficie exacte des champs de céréales, conformément à une demande précédente. Un mémo nous informe ensuite que cette préparation n'est plus nécessaire. Instruction également reçue qu'aucune machine civile ne pourra être envoyée au REME pour réparations. Rapport de main-d'œuvre hebdomadaire transmis au QG. Tous les hommes valides et les jeunes réfugiés participent aux moissons.
Entretiens du Capt. Kerin et du Lt. Mullens avec tous les maires du district. Aucun manque de main-d'œuvre pour les moissons, les réfugiés étant employés dans le secteur. Le mauvais temps ne devrait pas retarder les récoltes. Les pertes liées à l'occupation de certains champs par les troupes et à la circulation des chars et aérodromes sont estimées entre 12 et 20 %. Des arrangements de prêt de main-d'œuvre réfugiée sont conclus entre Ricqueville, Martragny et la commune de Brecy. Toutes les communes disposent de matériel de moisson suffisant. Un seul champ miné, sur la route Caen–Bayeux à St. Croix Grand Tonne, entouré de barbelés. Signalement transmis au QG 5 L of C pour action. Aucune infraction au marché noir. Pas de bois d'œuvre disponible. Une petite forêt à Lantheuil et deux petites scieries dans le district : l'une à Martragny (semi-coopérative) et l'une à Bretteville (6 employés, peu de stock). Pratiquement aucun fourrage allemand dans la zone et aucune propriété abandonnée ennemie. On compte ce jour 63 réfugiés hommes et jeunes au camp civil de St. Gabriel et 19 à St. Croix Grand Tonne, ces derniers employés par les militaires. Tous sont signalés au QG. Soixante chevaux de l'armée allemande sont en prêt aux agriculteurs par M. Picard, Commissariat général de la République, Bayeux. Le Capt. Kerin est proposé à la promotion par le Major de Graves. La santé du district est bonne.
— Le Capt. Kerin est blessé en conduisant sa moto en service près de Secqueville à 1430. Transporté à l'hôpital de Secqueville, soigné et rentré au cantonnement à 1755. Un camion britannique l'a déporté hors de la route, lui causant de profondes lacérations et contusions à la jambe droite sous le genou ainsi qu'une coupure à la main. Alitement. Le repose-pied de la moto est cassé, privant le détachement de ses deux-roues. Des visites fréquentes aux maires et responsables locaux étant indispensables, l'absence de jeeps est très préjudiciable. Nos camions sont inadaptés à ces déplacements et les motos ne conviennent pas aux officiers en tournée.
29 juillet. — Cas de diphtérie signalé à Vaux-sur-Seulles. Un médecin se présente pour obtenir un laissez-passer permettant au père d'un enfant de 15 mois d'aller à Bayeux chercher les médicaments et le sérum nécessaires. Un aumônier de l'armée de l'air signale également le décès d'un nourrisson au camp de réfugiés de St. Croix Grand Tonne.
30 juillet. — Le Capt. Potter se rend au QG 5 L of C pour organiser pour demain une visite d'inspection médicale de nos camps de réfugiés, civils et militaires. Livres et colis de confort obtenus au QG pour le détachement. Le Lt. Mullens fait afficher par le maire de Vaux-sur-Seulles toutes les nouvelles ordonnances et proclamations reçues le 28 juillet du QG. La panne de nos motos et du 15 cwt, et la blessure du Capt. Kerin, ont retardé certains affichages. Les textes sont pratiquement identiques aux précédents, à l'exception de la restriction de déplacement ramenée de 10 à 6 km, mais toutes les personnes en contact avec nous connaissent la nouvelle restriction et la CMP en assure l'affichage aux points importants du district.
Juillet 1944 — Feuillet 6 (Original-6)
Cully, 31 juillet. — Le Major de Graves et le Lt. Mullens rejoignent à St. Croix Grand Tonne des officiers du QG L of C chargés d'une inspection sanitaire de tous les camps de réfugiés de notre zone. Le Lt. Mullens reste avec eux jusqu'à 1300 environ, puis aide à l'envoi de réfugiés de St. Gabriel vers le centre F-2. Sur les 100 prévus, seuls 60 sont envoyés sur ordre du Major Louis de Gaiet du Comité français des réfugiés. Les 60 réfugiés avec leur liste nominative partent de St. Gabriel à 2015. Nous apprenons que les autorités françaises ont entièrement évacué les réfugiés de Vassieux et que certains réfugiés seront prélevés de St. Croix Grand Tonne, environ 100.
31 juillet, 1100. — Information nous parvient que notre détachement est relevé dans ce territoire à 1200, sans notification officielle reçue. Le Lt. Street, du Det. 209 à Caen, est dans notre bureau pour se familiariser avec notre territoire à partir de nos registres et noter les communes que nous avons gérées ; il indique que son détachement a été informé du changement et prend la relève à 1200.
31 juillet, 1300. — Le Major de Graves, revenu de St. Croix Grand Tonne au QG 5 L of C et rentré vers 1230, confirme avoir reçu cette notification verbale mais sans savoir à qui nous sommes désormais rattachés.
Août 1944 — Page 1 (Original page 1)
Cully, 1er août. — Le Maj. de Graves se rend à Bayeux pour obtenir de la ficelle à botteler et au QG de l'armée pour de nouvelles instructions concernant notre affectation. La nuit a été si calme que beaucoup n'ont pu dormir avant le petit matin.
2 août, 1300. — Le Maj. Golden P. Kratz (USA) se présente pour son affectation. Le Capt. Shepherd est également affecté mais ne s'est pas encore présenté.
2 août, 1530. — Le Maj. Daykin, SO 2 EXEC QG LOC, arrive et croit que le Det. 201 nous a déjà relevés. Comme ce n'est pas le cas, nous continuons à fonctionner.
2 août, 1630. — Le Capt. Potter se rend au QG de la 2e Armée et apprend que notre détachement doit être affecté à Flers, mais la question reste de savoir si les Américains ou les Britanniques prendront la ville. Nous devons également attendre la même décision pour Vire. Il rapporte également un camion 15 cwt et une moto en remplacement de nos véhicules, à titre de prêt par le CA Adm. Le conducteur McGill nous est affecté. Le Maj. de Graves part pour Foulognes mais constate à l'arrivée que le 8e Corps a déménagé à La Fouquerie (MR 665535). Le 8e Corps ignore notre affectation. Le QG de la 2e Armée ne sait pas où ils se trouvent et n'a pas réussi à les joindre par téléphone. Au QG de l'armée et du CA Adm, le Capt. Potter apprend que les ordres ont changé et que l'armée américaine doit prendre Vire dix minutes avant que les Britanniques ne devaient y entrer.
2 août, 1800. — Intense activité aérienne vers le sud. La nuit précédente, les conditions atmosphériques ont amplifié le bruit de l'artillerie au point que beaucoup ont cru à une percée allemande.
Cully, 3 août, 1000. — Le Capt. Potter se rend au QG de l'armée et apprend que notre détachement sera affecté à tout l'arrondissement de Vire, sauf la partie occupée par les Américains. Le Capt. Kerin est toujours inapte suite à l'accident de moto.
3 août, 1430. — Ordre de l'armée de prendre en charge le territoire occupé par les 8e et 30e Corps dans notre secteur.
4 août. — Le Maj. de Graves se rend au 8e Corps pour recevoir les instructions de déplacement. Départ fixé au lendemain pour leur QG.
5 août, 0920. — Début du déménagement vers le QG du 8e Corps après passation avec le nouveau détachement.
Août 1944 — Page 2 (Original-2)
La Fouquerie, 5 août, 1300. — Arrivée au QG du 8e Corps ; installation sous tentes le long d'une haie. Le Lt. Harvy L. Le Roy de l'armée française nous est affecté. Rapport au QG du Corps ; ordre d'attendre de nouvelles instructions.
6 août. — Le Maj. de Graves, le Lt. Le Roy et le Capt. Potter se rendent au Det. 217 pour la passation de leur territoire. Ils visitent également le Det. 224 à St. Martins de Besaces pour la même raison. Transmission du message suivant de la 2e Armée : « Veuillez transmettre au Capt. L. R. Shepherd RASC 223 Det l'appréciation du SCAO de la 2e Armée pour l'excellent travail accompli en tant qu'officier de liaison aux plages pendant les deux mois écoulés depuis le Jour J. Ses efforts inlassables souvent sous le feu de l'ennemi et dans des conditions difficiles, pour repérer des dépôts des Affaires civiles non balisés et les orienter vers les bons entrepôts, ont apporté une contribution considérable à la fourniture de vivres et de fournitures médicales aux réfugiés et autres civils qui, sans cela, auraient pu constituer une gêne pour les opérations militaires. »
Beny-Bocage, 7 août, 1430. — Départ du camp pour Beny-Bocage, arrivée à 1630, cantonnement dans une maison à un bloc des carrefours centraux. Cette maison avait été occupée par des personnes soupçonnées de collaboration.
Beny-Bocage, 7 août, 2230. — Tirs continus de notre artillerie dans et autour de Beny-Bocage jusqu'à 2300. Les Allemands ont largué une bombe sur la ville hier, tuant plusieurs civils et en blessant d'autres. Un char allemand au centre-ville, dynamité par son équipage quelques jours avant leur retraite. Les Allemands seraient à deux miles de la ville. Le maire Maubert de Beny-Bocage rapporte qu'il y a 20 réfugiés en ville et que 200 autres peuvent être accueillis. Un camion de farine est arrivé de Bayeux. Pénurie de café, sucre, huiles, graisses, ficelle à botteler, charbon et fer pour les fers à cheval. Deux médecins civils résident en ville. Aujourd'hui nous apprenons que deux nouvelles tentes nous sont attribuées ; elles sont aussitôt récupérées par le Lt. Mullins. Le Capt. Kerin et le Lt. Mullins contactent le chef des gendarmes de Beny-Bocage, responsable de 17 communes. Signalement du manque d'affichage des avis et proclamations.
Août 1944 — Page 3 (Original-3)
Beny-Bocage, 7 août (suite). — Signalement d'un dépôt d'armes allemand dans un château à Carville. Sept membres d'un groupe de résistance sont en ville. Les auxiliaires de police ont rejoint les forces françaises. Liaison établie avec le Town Major, le Capt. Atwood de Beny-Bocage, la police militaire de campagne Capt. Stevens et le prévôt.
8 août, 1030. — Proclamations et avis affichés à Beny-Bocage après entretien avec le maire. Celui-ci avait reçu ce jour un jeu incomplet d'avis du Det. 224. Rien n'est fait pour désarmer les membres de la résistance, considérés comme dignes de confiance après vérification. Le maire est fiable et en poste parce que le précédent maire a été arrêté par les Allemands en 1941 pour avoir résisté à leurs exigences.
8 août, 1230. — Le maire de St. Pierre-Tarentaine est reçu par le Capt. Kerin et le Lt. Mullins ; proclamations et avis lui sont remis. Un jeu incomplet lui avait également été remis ce jour par le Det. 224. Le Det. 205 installe un camp de réfugiés ici sans avoir posé de panneaux de direction. Pénurie de sel et de sucre. Le maire Blais affirme que sa maison a été cambriolée : 76 000 francs et des bons pour 74 000 francs ont été volés. Il dit avoir vu des soldats britanniques fouiller ses tiroirs et pouvoir en reconnaître deux qu'il a retenus brièvement. Avis et proclamations affichés à 1500.
8 août, 1630. — Avis et proclamations remis au maire de St. Denis Maisoncelles qui les affiche ce jour. Le Tourneur a été visité, le Det. 224 les avait déjà remis au maire. Idem pour St. Martin des Besages. Le village est très endommagé et le retour des civils doit être déconseillé. La Ferrière est affichée. De nombreux réfugiés sont pris en charge par les habitants. Reçu aujourd'hui l'autorisation que les soldats puissent acheter individuellement fromage, lait, beurre, œufs et légumes, pommes de terre exceptées. — Tirs d'artillerie allemands intenses la nuit dernière sur notre artillerie à faible distance au sud. Il faut garder les fenêtres ouvertes pour éviter qu'elles ne soient soufflées. Des centaines de nos bombardiers survolent la ville et essuyent des tirs de barrage en approchant des lignes ennemies. Deux traînées de fumée aperçues. Un véhicule PU reçu. Nombreux réfugiés demandant des laissez-passer pour rentrer chez eux.
Août 1944 — Page 4 (Original-4)
Beny-Bocage, 9 août. — Hier notre bureau a été transféré du sous-sol de notre logement vers un bâtiment plus grand à trois rues de là, en direction de la Mairie, ce qui améliore notre organisation administrative. Le Sgt. Maj. Hooker et le Sgt. Stevens y sont logés. Une grande partie du territoire qui nous est assigné est encore aux mains des Allemands et certaines communes à l'est et au sud restent inaccessibles. Nombreux chars circulant dans les deux sens à travers Beny-Bocage. Hier, juste après que le Sgt. Stevens eut posé des rideaux de black-out sur nos fenêtres cassées au bureau, un obus tombe à faible distance au nord, dont le souffle arrache les rideaux et brise d'autres vitres. Une femme en attente de laissez-passer pousse un cri.
Le Capt. Kerin et le Lt. Mullins visitent plusieurs communes supplémentaires : St. Jean des Essartiers, Le Loges, Le Ferrier, Dampierre et St. Ouen des Besages.
9 août, 1200. — Avis et proclamations affichés à St. Ouen des Besages. Le maire Achard est toujours absent de St. Jean des Essartiers. Il y a quatre semaines, tous les habitants ont été chassés par les Allemands et seules trois familles sont revenues, dont le maire Pierre Durand. Son secrétaire affirme que de nombreuses vaches ont été volées à la commune par Le Hourk et conduites au Tourneur. Trois chevaux ont également été pris par M. Chevry de St. Jean. Le Loges est entièrement détruit, aucun habitant. Les vaches sont prises en charge par des militaires et des responsables de St. Jean. Aucun affichage n'est possible faute de représentants locaux. Idem pour La Ferrière et Dampierre. St. Ouen est également inhabité mais les bâtiments sont en bon état.
10 août, 1000. — Carnet d'exemptions de sécurité n° 96001–96100 remis au maire de Beny-Bocage. La commune héberge 1 500 réfugiés. 10 % des habitations du bourg sont endommagées. Le Maj. de Graves fait rapatrier la pharmacie au village. St. Denis Maisoncelles est en bon état. Le Tournier est géré efficacement. Une boulangerie communale est créée à St. Martin des Besages. Carnets d'exemption de voyage remis aux maires : Le Tourneur (96101–200), St. Martin des Besages (96201–300), St. Denis Maisoncelles (96301–400).
Août 1944 — Page 5 (Original-5)
Beny-Bocage, 10 août (suite). — La Ferrière (96401–500), St. Pierre-Tarentaine (20201–100 [sic]) et La Ferrière-au-Doyen (F 20201–200). — De nombreux réfugiés traversent Beny-Bocage aujourd'hui, poussant des charrettes à bras, conduisant vaches et chevaux ou circulant à bicyclette ou à pied. Tirs d'artillerie intenses de nos canons déployés tout autour de la ville. Sifflements et explosions d'obus allemands de toutes directions. À minuit, barrage intense de notre côté, visible jusqu'aux larges vallées au sud et à l'est. Remaniement du dispositif de combat. Plusieurs contre-attaques allemandes signalées. Guards Armoured et 3e Division sur le flanc droit, 11e Blindée et 15e Division écossaise sur le flanc gauche.
11 août. — Cette nuit vers 0030, les Allemands déclenchent un pilonnage assez intense dans la zone de Beny-Bocage. Des éclats tombent autour de notre maison, plusieurs à faible distance, d'autres passent au-dessus et atteignent le nord de nos quartiers. L'un tombe non loin de la Mairie. Tout le monde est debout jusqu'à 0300. Importante déflagration de munitions légères : il s'agit d'un avion abattu. Fusées éclairantes, bombes et incendies observés en plusieurs endroits. Incendie visible à Chenedollé, à environ 12 km au sud-est. En début de soirée, panache de fumée du côté de nos appareils semblant indiquer une explosion en vol. Tirs d'artillerie de nouveau intenses aujourd'hui.
11 août, 1130. — Affichage des avis et proclamations à La Ferrière-au-Doyen par Savary, suppléant du maire. Visites du Capt. Kerin et du Lt. Mullins dans cette commune ainsi qu'au Loges, St. Jean des Essartiers, Dampierre, St. Ouen des Besages, Le Tourneur et dans les fermes intermédiaires. De nombreux civils témoignent que le pillage a été commis par les Allemands lors de leur retraite et non par les soldats alliés. Les conditions sont globalement identiques aux premières visites. Les principales difficultés sont : la récolte des céréales, quelques pénuries alimentaires, les réfugiés et le bétail. — Ordre de renvoyer McGill, chauffeur supplémentaire, immédiatement, ce qui est fait. Les services de McGill ont été globalement satisfaisants.
Août 1944 — Page 6 (Original-6)
Beny-Bocage, 12 août, 0130–0230. — Nouveau bombardement allemand. De nombreux obus tombent de quatre côtés provenant de 88 mm allemands. Des vitres se brisent dans notre cantonnement et des éclats tombent alentour. À environ 200 mètres au sud, un obus allemand touche un camion de munitions ; une série d'éclairs, d'explosions et d'incendies détruisent 8 camions chargés de munitions, une moto, une ferme et deux cottages. Un soldat légèrement blessé, aucune autre victime parmi les militaires ni les civils.
Notre détachement recase quatre civils de la ferme incendiée à La Ferrière, chez des parents. Des visites sont effectuées dans plusieurs communes du territoire ; les difficultés sont comparables mais rien de grave.
12 août, 1845. — Le Col. Phipps-Hornby et plusieurs autres officiers du QG du 8e Corps se présentent aux quartiers des officiers où le Capt. Potter et le Maj. Kratz dînaient, tandis que le Sgt. Maj. Hooker et le Sgt. Stevens tenaient le bureau. Ils ordonnent au Capt. Potter de rejoindre immédiatement le bureau et de s'assurer qu'un officier y soit toujours présent. Tous les autres officiers étaient en tournée dans le territoire. Ce type d'activité est habituel dans ce détachement ; les officiers sautent souvent des repas et travaillent de longues heures. Notre détachement n'a jamais organisé de thés en matinée ou en après-midi à cet endroit et travaille avec diligence au bureau et sur le terrain. Il n'est pas possible d'avoir un bureau digne de ce nom dans notre cantonnement surpeuplé.
13 août. — Le Brig. Lewis rend visite au Maj. de Graves. Instructions reçues : tout le canton de Beny-Bocage dans la zone du 8e Corps sera désormais dans notre territoire. Le Capt. Kerin et le Lt. Mullins visitent Le Loges où le maire Paul Imboulanger n'est pas encore rentré. La plupart des habitants ont été évacués sur Vire et Mayenne. Peu de vivres dans la commune mais des soldats britanniques ont aidé la population. De même, peu ou pas d'habitants revenus à La Ferrière-au-Doyen, St. Vents, Dampierre, St. Ouen des Besages et dans les fermes avoisinantes. Certaines de ces communes ont bénéficié de l'aide de l'armée pour enterrer du bétail.
Août 1944 — Page 7 (Original-7)
Beny-Bocage, 14 août. — Depuis la prise en charge du nouveau territoire hier à 1200, les officiers du détachement ont visité les nouvelles communes : Garville, Le Récuiey, La Désert, Beaulieu et St. Charles de Percy. Peu de dommages dus aux combats. Seules pénuries : sel et sucre. Le moral est élevé. La Désert est maintenant sous le feu des obus allemands. Le maire de Garville est instruit d'empêcher l'abattage des bovins, leur surplus étant trop important. Les proclamations et avis ont été diffusés via le Det. 224. Tirs assez nourris la nuit dernière mais plus lointains. La majeure partie de l'artillerie de notre zone immédiate s'est déplacée depuis le 12.
15 août. — Signalé au 8e Corps la présence d'environ 60 tonnes de munitions à Garville, constituant un danger pour la population. Les officiers visitent de nombreuses autres communes : problèmes habituels. Les habitants utilisent les matériaux des maisons démolies pour réparer les logements endommagés. Arrangements pris pour l'utilisation de chevaux pour les moissons.
15 août, 1900. — Le Maj. Kratz et le Lt. Le Roy se rendent sur les lieux où deux enfants ont été tués en jouant avec une grenade trouvée près de Beny-Bocage. Le Maj. de Graves suggère au 8e Corps de préparer et afficher des avis d'avertissement sur ce danger.
15 août, 2330. — Largage de bombes ; le bâtiment tremble.
16 août. — Arrangements organisés par le Capt. Kerin et le Lt. Mullins pour la collecte de neuf chevaux, deux charrettes et des harnais auprès du CREME du 9e Corps à Aubigny, pour usage dans la commune de St. Jean des Essartiers pour les moissons. Le maire de St. Pierre-Tarentaine déplore l'absence de toute initiative des autorités de Bayeux pour les aider.
16 août, 1800. — Avis et proclamations remis et affichés par le maire de Dampierre. 50 rations prélevées sur le 8e Corps laissées aux habitants et réfugiés. — Plusieurs villages visités ; demandes de barbelés formulées pour contenir le bétail errant en raison des murs et bâtiments endommagés. Légère pénurie alimentaire. Le Lt. Mullins obtient une moto en échange. Notification reçue que nous allons prendre en charge un territoire supplémentaire.
Août 1944 — Page 8 (Original-8)
Beny-Bocage, 17 août. — Signalé au QG du 8e Corps le vol quasi-total des effets personnels et mobilier de M. Albert Webry, ingénieur voirie du canton de Beny-Bocage. Enquête effectuée, aucun lien avec les militaires établi. Nombreux obus et bombes non explosés signalés à divers endroits.
Le Maj. Paul H. Price (USA) et le Capt. H. C. Rutz (USA) prennent leurs fonctions. Le Maj. Price ne restera que quelques jours, rattaché pour les rations et le QG pour établir un rapport sur les mines et ressources du district. Réception d'un camion 15 cwt en remplacement du nôtre. Le Maj. de Graves et d'autres se rendent à Garville pour évaluer un château en vue d'y regrouper quartiers et bureau. Aucun tir d'obus. Un avion allemand.
18 août. — Évaluation des besoins du territoire par le Maj. Kratz en prévision d'un dépôt d'approvisionnement à Beny-Bocage. Rapport envoyé au QG de la 2e Armée par le Maj. de Graves. Réception des ordres du 14 août du QG CA du 8e Corps pour reprise d'un territoire supplémentaire (MR 720450 — le long du parallèle 72 jusqu'à la rivière MR 720405 — puis Maisonselles MR 7139 — Les Boonlets MR 7939 jusqu'à la route Vire–Aunay MR 743376 vers l'ouest jusqu'à la jonction MR 689355 — puis le long du parallèle 69 jusqu'à la jonction avec la limite du canton de Beny-Bocage). Ordre également de prendre en charge : Cahagnes, Coulvain, St. Pierre au Fresne, Jurques, Bremoy, La Bigne, Bouquay, St. George d'Aunay, Aunay-sur-Odon, Montagny, Le Mesnil Azoup, Onne Fontaine, Roucamps, Arclai, Montchouvet, Le Ferriers Duval, Danvou et Le Plessis Grimoult.
Le Maj. de Graves se rend à Aunay-sur-Odon et convient avec le maire d'un approvisionnement depuis Bayeux pour ce canton. Le Maj. Braithwaite du Det. 222 nous remet ses dossiers concernant le territoire que nous reprenons.
Garville, 19 août, 1400. — Déménagement au château Picard à Garville. Le Capt. Kerin va vérifier Vassey. Le Maj. Price rejoint son propre détachement. Instruction reçue de prendre en charge le reste de l'arrondissement de Vire non occupé par les Américains. La ligne de ravitaillement civil est avancée vers la route Chatelier MR 8512, exc. Flers, exc. dans la zone du 8e Corps.
Août 1944 — Page 9 (Original-9)
Garville, 20 août, 1400. — Installation au château Picard à Garville. Le Capt. Kerin inspecte Vassey. Le Maj. Price rejoint son détachement. Le OIC Adm 2 Group CA est informé que la position est désormais à Garville MR 656417 à partir de 2359 ce soir. Instructions reçues sur la réhabilitation civile et le ravitaillement sous tutelle française dans la zone du 30e Corps, vers le nord jusqu'à la route Estry MR 7437, Aunay-sur-Odon, Bouquay MR 8452 (ligne du 8e Corps, ravitaillement civil uniquement, jusqu'à la route Vire–Estry). Carnet d'exemption F202401–500 remis.
20 août, 1500. — Le Capt. Kerin fait afficher avis et proclamations à Vassey.
21 août. — Le Capt. Shepherd tire 4 000 rations pour Vassy (3 000) et Condé-sur-Noireau (1 000) : essentiellement biscuits, lait, pois, chocolat, savon, haricots et viande en conserve. — Message reçu indiquant que notre détachement doit prendre en charge le reste de l'arrondissement de Vire dans la zone du 8e Corps à compter de 1800 le 24 août, et sera rattaché à l'Armée ou au LOC.
21 août. — Aménagement des bureaux dans le château. Le maire de Beny-Bocage se rend à Bayeux pour les vivres et approvisionnements. Le Capt. Kerin signale le mécontentement concernant les gendarmeries de Condé-sur-Noireau qui auraient collaboré avec les Allemands. Rapport complet envoyé au QG.
22 août. — Livraison de vivres aux maires de Vassy et de Condé-sur-Noireau. Le Capt. Kerin visite la police française du Mesnil Azoup et d'Aunay-sur-Odon, leur remet instructions et appui et leur délivre des autorisations d'exercer.
23 août. — Les officiers visitent la tannerie d'Aunay-sur-Odon et signalent au QG que certains cuirs peuvent être sauvés et que le bâtiment nécessite des réparations. Message reçu : les autorités régionales françaises acceptent d'alimenter la population civile jusqu'à la limite sud du Calvados depuis la frontière de l'armée américaine jusqu'à l'Orne. Le Sgt. Stevens effectue trois voyages de réfugiés de La Ferrière vers St. Pierre du Mesc. Le Col. Wood du QG vient au bureau et nous demande de maintenir un officier à Beny-Bocage.
Août 1944 — Page 10 (Original-10)
Garville, 23 août (suite). — Ordre reçu que toutes les communes doivent être visitées fréquemment. Notre territoire compte 70 communes. Nombre de grandes agglomérations sont presque entièrement détruites. Beny-Bocage n'est endommagé qu'à 10 % et les réfugiés ne traversent plus la ville en masse. Ils retournent vers des localités plus à l'est dans notre territoire. Les unités militaires quittent rapidement Beny-Bocage et ses environs. Le projet de dépôt de ravitaillement pour réfugiés à Beny-Bocage semble avoir été abandonné.
Le Maj. Kratz effectue une reconnaissance du territoire au sud de Beny-Bocage à reprendre. Il rencontre les maires de Bernieres, Chenedolle, Presles et Burcy. Signalement de besoins alimentaires, nombreux bovins non enterrés et manque de matériel pour les moissons.
Le Capt. Kerin signale que les gendarmes de Condé-sur-Noireau ont collaboré avec les Allemands à plusieurs reprises et qu'il ne leur a pas restitué leur autorité pour reprendre leur activité.
Le Maj. de Graves se rend à Bayeux pour obtenir des vivres pour les civils et réfugiés.
24 août. — Le Capt. Potter envoyé à Beny-Bocage sur ordre du Col. Wood ; rien d'important à faire, rentre vers 2000. Le Capt. Shepherd tire 5 000 rations pour Condé-sur-Noireau, Vassy, Bernieres, Chenedolle, Presles, Viessolk et Burcy, proportionnellement à leurs besoins et à leur population. Envoyé les reçus au QG pour la ficelle à botteler transmise aux maires de Burcy, Garville, Re Culey, Beaulieu et St. Pierre-Tarentaine.
25 août. — Le Col. Guerny SC LOC vient interroger le Maj. de Graves sur les conditions et lui demande de ne pas délivrer de laissez-passer. Le Capt. Potter à Beny-Bocage. Le Commandant d'aile Walser et le Lt. Col. Seligman viennent de Caen pour contrôler la santé et les réfugiés. 2 000 rations remises au maire de Condé-sur-Noireau.
Le Capt. Rutz contacte le secrétaire du maire de Garville pour démarrer l'enregistrement de la main-d'œuvre. Hier le Capt. Rutz accompagnait M. Dupart, boulanger de Montchauvet, à St. Sever pour chercher des pièces permettant à sa boulangerie de fournir cinq communes.
Août 1944 — Page 11 (numéroté 10 dans le document)
Garville, 25 août (suite). — Le Capt. Rutz interroge le maire de Beny-Bocage sur l'enregistrement de la main-d'œuvre.
25 août, 1130. — Le Capt. Kerin visite les maires de Cahagnes et fait afficher avis et proclamations. Signale que la ville est très endommagée.
25 août, 1230. — Le Capt. Kerin fait afficher avis et proclamations à Jurques, signale 60 % de destruction. Le Capt. Rutz rencontre le maire de Vassey, qui aura l'enregistrement de la main-d'œuvre terminé dans une semaine. Le Capt. Kerin remet aux gendarmeries d'Aunay-sur-Odon des carnets d'exemption (F202501–600 pour Condé-sur-Noireau, F202601–700 pour Aunay), ainsi que mandats, exemptions de couvre-feu et brassards.
26 août. — Le Maj. Kratz tire 10 000 rations à Bayeux. Des trains avec équipages américains traversent Garville aujourd'hui et hier.
26 août. — Le Capt. Kerin et le Lt. Mullins visitent les maires de Danvou, La Ferrière Duval, Le Plessis Grimoult et Roucamt. Le Plessis est dans un état sanitaire déplorable, signalé au sous-préfet.
27 août. — Le Capt. Rutz rencontre le maire de Condé-sur-Noireau ; l'enregistrement de la main-d'œuvre sera prêt dans une semaine.
28 août. — Le Capt. Kerin et le Lt. Mullins se rendent à Vaudry et Roulleurs. La récolte du district de Vaudry est perdue et il n'y a plus de pain dans la commune. Manque de lait frais par pénurie de bétail. 400 réfugiés sur place. Maisons en état passable. À Roulleurs, grave pénurie de viande, de lait et de sucre. Arrangements pour distribution de rations sèches. 31 maisons détruites. — Visite également de St. Pierre la Vieille : plus de farine, situation générale identique dans toutes les communes. La viande est abondante car les civils abattent le bétail blessé. À St. Germaine de Crioult, 400 réfugiés et vivres abondants. Les Allemands ont dynamité l'église et détruit des maisons voisines en partant. À Pontécoulant, rations sèches nécessaires d'urgence. Habitations urbaines entièrement détruites. 4 maisons communales totalement ravagées. De nombreux cadavres allemands dans les champs de Proussy. Tout le bétail tué. Rations nécessaires.
Août 1944 — Page 12 (numéroté 11 dans le document)
Garville, 29 août. — Le Capt. Potter à Beny-Bocage pour la journée. La Police militaire de campagne a quitté Beny-Bocage depuis un moment et occupe la chambre qu'elle utilisait. Signalement que la CMP prévoit de partir sans être remplacée. Le Town Major signale peu de difficultés. Pluie légère, première depuis longtemps. Le Maj. de Graves et le Maj. Kratz signalent 41 Allemands non enterrés près de St. Martin de Besages.
Le Capt. Kerin et le Lt. Mullins rapportent de leurs visites de la veille à Bernieres, Chenedolle, Viessoir et fermes voisines : nombreux soldats morts gisant, pénurie de sel, de sucre et de pain. À Viessoir, seules 8 maisons sont habitables. Environ 100 soldats britanniques enterrés par les troupes de combat, mais des cochons ont déterré les corps, situation requérant intervention.
En soirée, le Lt. Mullins signale depuis le CA Adm une alerte ordonnant à tous les officiers américains de se tenir prêts à rejoindre des formations américaines.
30 août. — Le Capt. Shepherd tire 7 500 livres de biscuits en conserve pour stock. — Hier, le Capt. Rutz a contacté le secrétaire du maire du Tourneur, qui dispose d'un registre de main-d'œuvre à jour : seuls deux peintres cherchent du travail. Contact établi avec les maires de St. Martin de Besages et Aunay-sur-Odon pour l'enregistrement de la main-d'œuvre. Le maire d'Aunay signale aucun surplus. Idem pour le maire de Jurques. Ce dernier rapporte que les autorités françaises de Bayeux ont refusé de lui fournir des vivres au motif qu'il est en territoire de Vire. Le Capt. Kerin et le Lt. Mullins remettent des carnets d'exemption au maire de La Loges (F202201–300) et à St. Jean des Essartiers (F202901–400 [sic]).
31 août. — Le Capt. Potter à Beny-Bocage. Le Capt. Kerin et le Lt. Mullins visitent Le Mesnil Auzoup et Ondefontaine : aucun problème alimentaire. Le maire du second lieu s'approvisionne à Vire. 28 maisons détruites, d'autres réparées avec des matériaux de démolition. Montchamp signale une boulangerie mais les habitants manquent de farine. Mines et autres engins explosifs signalés.
Août 1944 — Page 13
Beny-Bocage, 15 août. — [intercalé] Le Maj. Kratz interroge le maire de Beny-Bocage sur l'alimentation en eau de la ville. Pas de station de pompage contrairement aux informations du Maj. Dunn. Le maire a interdit l'usage de l'eau de la source par les troupes pour prévenir la pénurie dans la zone. Des chars avaient sectionné une conduite depuis la source, que le maire a fait réparer.
Garville, 31 août. — Le renfort d'effectifs a créé un manque de transport adapté pour les officiers spécialisés (Maj. Price, Maj. Kratz et l'officier de liaison français Lt. Le Roy), très gênés dans leurs fonctions sur ce vaste territoire. Des jeeps ou un transport équivalent auraient dû être fournis.
Une excellente coopération a été obtenue du Town Major de Beny-Bocage, le Capt. Atwood. La Police militaire de campagne dirigée par le Capt. Stevens et la CMP ont pleinement coopéré. Le manque de transport les a souvent amenés à prendre en charge des urgences ou de petits groupes de réfugiés rentrant dans leurs fermes. Les unités médicales voisines ont répondu présentes pour soigner les malades et blessés graves. La fourniture de denrées alimentaires, de fournitures médicales et d'autres biens aux autorités françaises sur la base d'accords avec les Alliés a impressionné divers maires, notamment les maires cantonaux, leur faisant comprendre qu'ils doivent s'adresser directement aux autorités supérieures pour ces approvisionnements. Des difficultés ont parfois été rencontrées pour obtenir rapidement ces livraisons et le commandant ainsi que d'autres membres du détachement sont intervenus à Bayeux et Vire pour obtenir un service immédiat. Tout a été mis en œuvre pour inciter les responsables français à résoudre leurs propres problèmes, équitablement pour toutes les communes de leur ressort. L'excellent temps de ce mois a permis aux agriculteurs de faire leurs récoltes et à tous les habitants de réparer leurs maisons. Des matériaux de vitrage ou leurs substituts, la couverture et d'autres fournitures de construction sont urgemment nécessaires avant les pluies d'automne et d'hiver. La santé est globalement bonne. La population est très accueillante. Pas d'agitation. Les problèmes de réfugiés sont résiduels. Moral du détachement bon.
Septembre 1944 — Page 1
Garville, 1er septembre. — Le Capt. Shepherd, officier de ravitaillement, se rend à Bayeux où il obtient des fournitures médicales pour 14 000 francs pour les pharmacies de Beny-Bocage et Vassy. Le Lt. Le Roy, officier de liaison français, quitte le détachement pour rejoindre le 8e Corps. Contacts avec les gendarmeries effectués par le Capt. Kerin et le Lt. Mullens à Auney-sur-Odon, Beny-Bocage, Le Mesnil Auzoup, Vassy et Condé-sur-Noireau. Carences des gendarmeries en matière de transport, papeterie, vêtements et locaux signalées au 5 Sub Area L of C.
2 septembre. — Le Maj. de Graves et le Maj. Kratz se rendent à Falaise et au QG administratif. Retour avec du courrier — le premier depuis de nombreux jours. Plusieurs paires de chaussures obtenues au RSD et distribuées aux gendarmes qui en manquaient cruellement.
3 septembre. — Les maires cantonaux d'Auney-sur-Odon, Vassy, Beny-Bocage et Condé-sur-Noireau sont contactés par le Capt. Kerin et le Lt. Mullens, qui apprennent que tous les civils disponibles sont employés et que les seuls problèmes restants sont le relogement et les pénuries alimentaires, les approvisionnements des autorités françaises accusant des retards importants. Le Capt. Shepherd, officier de ravitaillement, est rappelé à l'armée.
3 septembre, 2300. — Reçu ordre de « standby » pour mouvement immédiat et transfert de responsabilité de la zone aux autorités françaises.
4 septembre. — Denrées alimentaires d'urgence livrées aux maires de St. Jean le Blanc, Lassy, Danvoir, Vassy, Condé-sur-Noireau et Montchamps. Visite du Col. Usher et du Col. Hyles du détachement de Caen.
5 septembre. — Le Capt. Shepherd rejoint l'armée. Biscuits livrés aux maires de Beny-Bocage, St. Martin des Bessages et Garville. Tous les stocks de biscuits sont épuisés, à l'exception de 12 boîtes conservées en réserve du détachement. Les civils de Beny-Bocage et de Vassy, informés de notre départ imminent, expriment une vive inquiétude pour l'avenir de la France, craignant des affrontements entre les FFI et les Autorités. Le grand public fait peu confiance aux FFI, alléguant que la plupart de leurs membres ont des tendances communistes. Instruction reçue du 5 L of C que nous devons quitter cette zone dans les 7 jours. Instructions détaillées à suivre.
Septembre 1944 — Pages 2 et 3
Garville, 6 septembre. — Les maires de Condé-sur-Noireau et de Vassy sont informés qu'ils ont désormais la pleine responsabilité de l'administration civile et de la délivrance des laissez-passer de sécurité. — Visite du Lt. Col. White, S.C.A.O. du 5 L of C Sub Area, qui informe que le Det. 223 passe sous le commandement de la 1re Armée canadienne à compter du 8 septembre, et que le « démêlage » des officiers américains doit avoir lieu le 7 septembre, ceux-ci rejoignant le 3 Admin Gp., C.A. à Bussy. Informé également que les officiers de base américains du détachement seront remplacés immédiatement et les officiers spécialistes dès que possible. Les officiers et hommes du détachement aident le Town Major de Beny-Bocage à rechercher des soldats allemands supposément cachés à La Désert (MR 6938). Recherche infructueuse.
7 septembre. — Le Maj. Kratz, le Capt. Potter, le Capt. Rutz et le Lt. Mullens (officiers américains) quittent le détachement pour rejoindre le 3 Admin G. à Bussy. Le Maj. de Graves rentre de Bussy avec les officiers de remplacement : le Maj. Aulez (Canada — officier administratif) et le Maj. MacMillan (britannique — sécurité publique). Communication reçue du 5 L of C, Sub Area : le 9 septembre, déplacement vers Neufchâtel pour rejoindre la 1re Armée canadienne.
8 septembre. — Préparatifs de départ. Le Maj. de Graves se rend au bureau du Sous-Préfet de Vire pour l'informer de notre départ et lui restituer la pleine responsabilité de la partie de l'arrondissement de Vire gérée par ce détachement.
En route, 9 septembre, 0950–2000. — Le détachement quitte en petit convoi, via Beny-Bocage — Caen — Lisieux et Rouen, vers Neufchâtel, pour rejoindre l'Armée Rear. Journée très pluvieuse. Nuit passée à l'Army Rear — Field — avec le C.A. 162 miles parcourus dans la journée.
10 septembre, 0900. — Briefing par le C.A. de l'armée pour le 2e Corps canadien.
10 septembre, 1000. — Départ de Neufchâtel via Abbeville — Mesdin — Crécy vers le 2e Corps canadien à Cassel, où le Maj. de Graves se présente au Col. Hurley, S.C.A.O. Parcours du jour : 102 miles.
11 septembre. — Briefing par le 2e Corps canadien pour la 4e Division canadienne, maintenant aux portes de Bruges. Déplacement via Cassel — Hazebrouck — Bailleul et Armentières vers Lille, arrivée à 1700. Nombreux détours en raison des ponts détruits. Nuit passée à Lille.
En route, 12 septembre. — Départ de Lille via Ypres — Menin vers la 4e Division canadienne aux abords de Bruges, arrivée à la Division Principale à 1250. Instruction de contacter l'arrière. Le Maj. de Graves contacte le bureau du A.A.&Q.M.G., chargé de lui confier la gestion des Affaires civiles à Bruges. Entrée dans Bruges à 1330. Le Maj. de Graves prend immédiatement contact avec le Bourgmestre, M. Van Oostenberge, et définit les premiers arrangements. Il prend également contact avec le Maj. Stubbs du Det. 221, qui avait effectué une première reconnaissance de Bruges et lui remet son rapport préliminaire.
Bruges, 13 septembre. — Reconnaissance approfondie de Bruges : moral de la population particulièrement élevé. Eau potable abondante. Communications précaires : 21 ponts de la ville ont été détruits par les Allemands en retraite, neutralisant la plupart des voies routières et ferroviaires. Ni électricité ni gaz, mais des dispositions ont déjà été prises ce jour pour prolonger le réseau électrique de Bruxelles jusqu'à Bruges, en remplacement des installations normalement alimentées depuis Ostende et détruites. Situation alimentaire passable, mais toute la vie économique courante repose sur le marché noir. Le prix du beurre a toutefois chuté aujourd'hui de 500 à 100 francs le kilo, à ce dernier prix il est quasi impossible à obtenir. — Visite du Brigadier Monsall et du Lt. Col. Proctor. — Contact établi avec les autorités municipales, les militaires belges (Maj. Von Ronstadt), le prévôt (Lt. Tweddle) et la Police militaire de campagne (Capt. Ashby).
14 septembre. — Reconnaissance de l'hôpital effectuée. — Longs entretiens avec le Commissaire chef de la Police municipale et le Capitaine de gendarmerie de Flandre occidentale. Besoins militaires soulignés, notamment en matière de prévôt et de Q (mouvements). Coopération pleine et entière promise. Police et gendarmes bien équipés, sauf en armement ; manque de transport. — Contact avec le directeur de la prison. Inspection de la prison : aucun prisonnier politique. — Arrangements avec police et gendarmerie pour l'affichage d'avis attirant l'attention des enfants sur les objets inhabituels dans les rues et champs, en vue de prévenir les accidents liés aux engins de guerre abandonnés.
Visite du Col. Hurley S.C.A.O. et du Maj. Reid. Contact établi avec le Lt. Col. Winderspool (R.E.) pour les chemins de fer et communications.
Bruges, 15 septembre. — Carnet d'exemptions de sécurité F202601–F202700 remis au Bourgmestre avec explications. Douze copies de la proclamation belge remises au Bourgmestre et affichées ce jour. Avis réglementaires diffusés au nom des autorités militaires. Informé qu'à compter de ce jour un nouveau gouverneur de Flandre occidentale exercera depuis le Palais du gouverneur à Bruges : M. Pierre Van Outryve d'Ydervalle. Le Maj. Stubbs, Det. 221, s'installe au 2 Kelkstraat et assurera le contact CA avec la 4e Division canadienne.
16 septembre. — Visite du Lt. Col. Ainley (Bien-être). Mise en relation avec les départements Bien-être et Santé. Arrangements conclus avec la Police militaire de campagne (Capt. Ashby) pour un contrôle de sécurité total sur tous les ponts d'accès à la ville. Commence alors une période où des centaines de demandes de laissez-passer doivent être examinées.
17 septembre. — Visite du Maj. Seymour et du Capt. Maryan (Claims and Hirings), qui ont pris possession des locaux au 6 rue de Fil. Le Lt. Threscott, 23e Coy de génie de construction aérienne R.E., vient demander de l'aide pour recruter de la main-d'œuvre civile pour la construction d'un aérodrome. Premières listes de dépôts ennemis aux docks et dans les chantiers ferroviaires reçues et transmises au S.C.A.O.
18 septembre. — Le Col. Van Loocke, nouveau gouverneur militaire de la ville, arrive et est contacté. Enquêtes aux docks sur un butin supplémentaire.
19 septembre. — Le Maj. de Graves se rend à Ostende pour voir le Sub Area de base O.B. afin de traiter la reprise des services ferroviaires. Le Maj. Paulez rencontre le nouveau gouverneur de Flandre occidentale. Carnet d'exemptions F53401–F53500 remis au Bourgmestre. Le Ft. Lt. E.N. Bupp et 8 Américains atterrissent en planeur aux abords de Bruges. Hébergés pour la nuit. Matériel précieux récupéré du planeur, garde postée.
20 septembre. — Le Ft. Lt. Emerson, RAF Renseignements, ouvre un bureau au 2 Kelkstraat et est contacté. Le Ft. Lt. Bupp et les 8 Américains sont convoyés dans le camion du détachement vers
Bruges, 21 septembre. — Bruxelles. Le Maj. Bedford (Arts et Monuments) (temporairement affecté) s'y rend pour en ramener des officiers de liaison belges conformément au message 4/EXEC/12 du CA du 2e Corps canadien Rear. Le commandant du détachement a deux entretiens aujourd'hui avec le nouveau gouverneur de Flandre occidentale — très coopératif.
Le Maj. Curry (Adm. & Approvisionnements) rejoint le détachement depuis le n° 2 Admin Group.
Le Maj. Bedford rentre de Bruxelles avec huit officiers de liaison, hébergés en attente de dispersion.
22 septembre. — Visite du Brigadier Pinner et du Lt. Col. Campbell d'Ostende. Conduits par le Maj. Paulez auprès du gouverneur militaire et du gouverneur civil. Visite du Lt. Van Dore, officier de mission belge pour la sécurité publique. Arrangements pour la dispersion des officiers de liaison belges, qui sont aidés pour la réquisition de transports et l'approvisionnement en carburant.
23 septembre. — Visite du Capt. Downey, nouveau Town Major. Liaison étroite établie.
24 septembre. — Le Maj. Curry se rend à la Division pour obtenir du carburant pour les services essentiels de la ville. — Le détachement est rejoint par le Maj. Shepherd (Bien-être) et le Capt. Dwyer (Main-d'œuvre) comme officiers supplémentaires permanents.
25 septembre. — Tirs d'artillerie nettement audibles au loin, mais la population reste sereine. Refroidissement du temps, demandes de charbon en augmentation. Les moyens de transport normaux ne fonctionnent pas. — Inspection hospitalière par le Maj. Shepherd. Le Maj. Curry effectue un relevé détaillé des installations portuaires pour recherche de butin ennemi. Information reçue d'un planeur s'étant écrasé aux abords de la ville : matériel et instruments intacts, l'équipage étant parti à Bruxelles. Planeur gardé, le Ft. Lt. Emerson (RAF Renseignements) avisé.
26 septembre. — Enquête main-d'œuvre par le Capt. Dwyer. Révision des restrictions de sécurité avec le Capt. Ashby, Police militaire de campagne : décision de maintenir notre contrôle strict sur la circulation entrant et sortant de la ville.
27 septembre. — Une faille dans la réglementation de sécurité est détectée à la gare. Mesures renforcées, entraînant davantage de demandes de permis de voyage.
Bruges, 28 septembre. — La ville semble avoir au moins repris une vie et une activité normales.
29 septembre. — Le Lt. Mullant et M. Cordeur, tous deux citoyens belges, ont perdu la vie aujourd'hui en déminant. L'accident a été signalé par notre conducteur de camion 3 tonnes qui travaillait avec eux depuis dix jours. Une lettre de condoléances du Maj. De Graves a été remise au gouverneur militaire par le Maj. Paulez.
30 septembre. — Notre camion 3 tonnes a été mobilisé presque chaque jour pour aider les autorités militaires belges à collecter les dépôts de matériel et de munitions militaires allemands abandonnés sur place. Visite du Col. Fraser, W.A., du 12e Hôpital général canadien, pour le cantonnement de 90 infirmières et l'emploi de civils. Le Col. Fraser est adressé au Town Major pour la question du cantonnement.
Annexes
Annexe E (14 juillet 1944) — Changement de responsabilité des Affaires civiles. Réf. SA/00/499/CA. TOP SECRET. Réf. entretien Col. Thorne — Col. Guéret du 13 jul. 44 et entretien Col. Thorne — Col. Phipps Hornby du 14 jul. 44. 1. À compter de minuit le 15 juillet 44, la responsabilité des Affaires civiles dans la zone définie au § 2 ci-dessous sera assumée par le QG des Affaires civiles L of C. 2. La zone concernée est délimitée par : la route Caen–Bayeux depuis la croisée de route et de rivière à B39768 jusqu'à Bretteville-l'Orgueilleuse 9292 incluse, puis N.-E. jusqu'au bois 9576 inclus, puis N.-O. jusqu'à Cruelly 9030 exclu mais Pierrepont 9379 inclus, puis le long de la Seulles jusqu'à 839768, sous réserve des ajustements locaux nécessaires avec les S.C.A.O. voisins pour éviter le découpage de villages et/ou de communes. 3. Le 223 C.A. Det stationné à Cully 9176 reprend la zone ci-dessus et passera sous le commandement du QG L of C pour toutes fins à l'heure indiquée au § 1. — Brigadier S.C.A.O. 2e Armée Rear.
Annexe G (territoire) — Liste des localités de la zone du 223 Det. C.A. : Bretteville-l'Orgueilleuse — Martragny — St. Léger — Ricqueville — St. Gabriel — Cully — Lantheuil — Le Fresne Camilly — Gainet — Le Grand Vey — Secqueville-en-Bessin — St. Croix Grand Tonne — Vaux-sur-Seulles — Vaissière — Brecy — Coulombs — Fresne-le-Crofteur — Pierrepont — Camilly — Le Petit Vey — Le Bout Cachard.
Annexe F — Territoire du 223 Det. CA (carte croquis). Caen feuille 771/1. Coordonnées : 84-79 (N.-O.), 72-93 (S.-E.).
Note de navigation (manuscrite, non datée) : Château d'Auley, 750/93. Tourner sur la route d'Isigny au pont de Vaucelles, tourner à gauche — croix bleue sur fond jaune. Grand-route.
Liste nominative des hommes de troupe, N° 223 Det., N° 2 Group, C.A. (5 juillet 1944) :
6335003 C.S.M. Hooker — H.C.A. — Royal Fusiliers.
6447614 Sergt. Stevens — H.V. — Royal Artillery (Field).
T/219724 Dvr. Hall — W.C. — R.A.S.C.
T/13094347 Dvr. Gunnell — J. — R.A.S.C.
2386990 Pte. Buckley — T. — Gordon Highlanders.
14686621 Pte. McNamara — T. — A.G.C.
14674373 Pte. Latimer — J.T. — R.A.S.C.
Signé : Franklin J. Potter, Capitaine, pour le Major, commandant le N° 223 Detachment, N° 2 Group, C.A. — 8 juillet 1944.
Sources
The National Archives, War Office, WO 171/3587, War Diary of No. 223 Detachment Civil Affairs, No. 2 Civil Affairs Group, juin–septembre 1944. | https://discovery.nationalarchives.gov.uk/details/r/C4672960