Ordre d’appel sous les drapeaux le 03 Juin 1943

Ordre d’appel sous les drapeaux le 03 Juin 1943

1943-06-03 Ordre dappel sous les drapeaux a Alger

Pour situer cette pièce

Claude Saint-Léger (Lille, 1897 - Basseux, 1944) est administrateur délégué des filatures Agache quand il quitte la France le 30 octobre 1942 pour aller chercher des matières premières en Algérie. Le débarquement allié du 8 novembre lui interdit le retour. Il reste à Alger, où il est employé dès janvier 1943 auprès du délégué général à l’économie. Officier de réserve, lieutenant depuis 1923, il passe devant le bureau de recrutement d’Alger le 1er avril 1943 et obtient un ajournement. Deux mois plus tard, ce formulaire le rappelle sans délai à la caserne d’Orléans. Rien dans le fonds n’indique qu’il ait été suivi d’effet : l’incorporation de Claude Saint-Léger est datée de novembre 1943.

Le contexte

Alger, au printemps 1943, est devenue la capitale militaire et politique de la France en guerre. La campagne de Tunisie s’achève le 13 mai par la capitulation des forces de l’Axe en Afrique du Nord. L’armée d’Afrique, sortie de trois ans d’armistice avec un matériel périmé, est en plein rééquipement américain et cherche des hommes. Les classes de réserve résidant en Algérie sont recensées et rappelées.

Les zouaves sont l’infanterie européenne de cette armée d’Afrique. Leurs régiments, saignés en 1940 puis réduits par l’armistice, se reconstituent en 1943 au prix d’une réorganisation qui les mêle aux recrues nord-africaines. La caserne d’Orléans, où l’ordre convoque le lieutenant Saint-Léger, est de longue date une caserne de zouaves à Alger. La formule « départ commun des 1er et 2e Zouaves » désigne un convoi groupé des deux dépôts, et le tampon apposé au bas de la pièce, celui du Dépôt de guerre du 1er Zouaves, indique le service qui traite l’appel.

La date mérite d’être notée pour elle-même. Le 3 juin 1943 est le jour où le général de Gaulle et le général Giraud constituent à Alger le Comité français de la Libération nationale. Le même jour, un industriel lillois de quarante-six ans, employé depuis cinq mois dans les services économiques de cette autorité naissante, reçoit l’ordre de rejoindre un dépôt d’infanterie. La tension entre les deux emplois, celui de l’économiste et celui du réserviste, traverse toute son année algéroise et explique sans doute les six mois qui séparent cet ordre de son incorporation effective.

Dates repères, 1942-1943


Par ordre de l’Autorité Militaire il est prescrit à M. le Lieutenant Saint-Léger, 3 rue Théophile Bressy à Alger

de rejoindre immédiatement et sans délais le départ commun des 1° et 2° Zouaves à Alger (Caserne d’Orléans)

Le Général commandant la division. P.O. Le commandant

[Tampon : Dépôt de Guerre du 1° Zouaves]


Sources