Court-Saint-Étienne, le 25 mai 1919
Court-Saint-Étienne, le 25 mai 1919
Transcription du fichier 1919-05-25_Lettre_de_X_archive.pdf — lettre autographe d'une relation de Court-Saint-Étienne à Claude (« Cher Monsieur »). Main lisible, lecture assez sûre. Orthographe d'origine conservée ; passages incertains suivis de (?), mots non lus notés [illisible].
[Annotation portée en tête par le destinataire : « Rép. 7-6-19 » (répondu le 7 juin 1919).]
Cher Monsieur,
Voilà bien longtemps que ns (nous) n'avons eu le plaisir de recevoir de vos bonnes nouvelles. Ns ne savons ce que vous devenez ! Êtes-vous démobilisé ou êtes-vous toujours avec vos petits chasseurs. Cependant un petit mot de vous nous ferait grand plaisir, car nous suivons de loin, avec intérêt tous les braves alliés qui sont passés chez nous.
Maintenant, Court-Saint-Étienne est rentré dans le calme complet, les dernières troupes canadiennes nous ont quittées il y a 1 mois.
À quand votre visite, il serait bien bon revenir ici en ce moment, je crois même que vous ne vous y reconnaîtriez plus, tant le village a changé d'aspect et qu'il fait agréable ici en cette saison.
La vie industrielle reprend petit à petit, les Usines Henricot (?) occupent déjà une grande partie de son personnel, les ingénieurs ayant pu récupérer une assez grande partie de leurs machines emmenées en Allemagne.
Les filatures de Chousty (?) et de Bousval (?) sont également en marche, seulement on parle de fermer déjà tellement les ouvriers demandent de forts salaires.
Maintenant une nouvelle : ma fille aînée se marie le 10 juin avec le monsieur dont je vous ai parlé et qui a beaucoup regretté ne pas avoir fait votre connaissance. Ils partent pour 15 jours pour le midi de la France, ensuite ils rentrent à Bruxelles où ils s'installent en ménage 22, rue [illisible].
Nous attendons toujours la photo promise.
[La lettre s'interrompt ici dans les feuillets numérisés ; la fin et la signature manquent.]
Notes de transcription
Expéditeur. Une relation civile de Court-Saint-Étienne (Brabant wallon) qui a hébergé ou côtoyé Claude pendant le cantonnement de son unité ; il vouvoie Claude et l'appelle « Cher Monsieur ». Signature manquante (feuillet final absent). Comme dans la lettre du 14 avril, on réclame à Claude une photographie promise.
Recoupements. Confirme le cantonnement de Claude à Court-Saint-Étienne avec les chasseurs, et la question ouverte de sa démobilisation au printemps 1919. Détails locaux à vérifier : les Usines Henricot (Émile Henricot, fonderies de Court-Saint-Étienne : lecture plausible), les filatures de « Chousty » (?) et de Bousval (?), la rue de Bruxelles (numéro 22, nom illisible).
Élément de contexte industriel. La récupération des machines « emmenées en Allemagne » et la reprise difficile (ouvriers demandant de forts salaires, usines menaçant de fermer) font écho aux observations de Claude lui-même sur les filatures belges dans ses lettres de janvier 1919. À garder pour la relecture, sans interprétation à ce stade.