Metz, 26 septembre 1919
Metz, 26 septembre 1919
[Annotation du destinataire : « Rép. 12 oct. 19 ».]
Mon cher Aspirant,
Je vous prie de m'excuser si j'ai tardé à répondre à votre charmante lettre du 15 septembre. Encore une fois je vous remercie bien sincèrement de votre générosité et ne sais vraiment comment vous exprimer ma reconnaissance.
Votre lettre m'a trouvé en aussi bonne santé que possible et j'ose espérer qu'il en est de même pour vous.
Malgré que je me porte bien, je suis pris d'un léger cafard qui s'explique assez facilement par le départ de tous les anciens, ou à peu près, puisque forcément il ne reste plus ici que les classes 18 et 19.
En plus de cela vous savez ce que c'est qu'une ville comme Metz : quand on en a fait une ou deux fois le tour, on la connaît entièrement et, ne sachant plus quoi faire, le cafard commence à vous prendre.
Heureusement que la permission approche : j'attendais justement, pour vous écrire, d'être fixé le plus exactement possible sur la date de mon départ. Malheureusement je ne suis guère plus avancé. Étant resté seul au bureau pendant quelques jours pour attendre l'arrivée de Bogard qui, lui, était en permission, je n'ai pu partir tout à fait quand j'aurais voulu. Et je ne sais comment j'ai fait, j'ai laissé partir un type qui m'a bourré le crâne, de sorte que maintenant il y a dehors un permissionnaire de plus qu'il ne faudrait.
Régulièrement je devais partir le 2 [octobre ?]. Le Lieutenant Serpot (?) qui commande actuellement la Cie n'a pas l'air d'être disposé à cela : enfin j'espère qu'il se décidera quand même.
J'ai reçu aujourd'hui une lettre de Gibier (?). Il me dit qu'il vous attend dans le courant d'octobre : pourrons-nous nous trouver ensemble ? Vous devez penser que cela me ferait le plus grand plaisir. Seulement je dois aller, avec ma femme, passer quelques jours chez mon frère qui habite les Andelys, et ce à une date que nous ne fixerons sans doute que quand je serai arrivé chez moi. Enfin soyez certain que je ferai tout mon possible pour être là quand vous viendrez chez Gibier…
[La lettre s'interrompt ici ; la suite et la signature manquent dans les feuillets numérisés.]