Le commandement des officiers de liaison auprès des Lines of Communications britanniques, 14 octobre 1944

Le commandement des officiers de liaison auprès des Lines of Communications britanniques, 14 octobre 1944

Pour situer cette pièce

Une note d’une page, dactylographiée, sans lieu d’émission, enregistrée sous le numéro 79 et signée J. Rheims, chef de la Section militaire de liaison auprès du Délégué aux relations interalliées. Elle charge le commandant Claude Saint-Léger (1897-1944), à la date du 15 octobre 1944, du commandement des officiers de liaison pour les Lines of Communications britanniques, lui prescrit de se mettre en rapport avec le quartier général de ces Lines of Communications et d’en assurer la liaison avec les autorités françaises, et annonce que la liste des officiers placés sous ses ordres lui sera donnée ultérieurement. L’exemplaire conservé dans les papiers de famille n’est pas l’original : c’est une copie certifiée conforme par le commissaire de police, à Lille, le 19 décembre 1945, un an après la mort de Claude.

Le contexte

Lines of Communications désigne, dans l’organisation britannique, la zone des étapes : tout ce qui, en arrière des armées, relie les ports au front. En octobre 1944, le 21e groupe d’armées combat en Belgique et aux Pays-Bas, mais ses arrières reposent presque entièrement sur le sol français. Dieppe fonctionne depuis le 7 septembre ; Boulogne, pris le 22 septembre, n’ouvre que le 12 octobre ; Calais est repris aux Américains le 23 octobre. La voie ferrée Amiens-Lille-Bruxelles est exploitée par les cheminots français, les autorités locales ayant accepté que le trafic militaire passe avant le trafic civil. La 12e Line of Communications Area quitte Cherbourg pour Amiens et prend en charge les bases et dépôts de France ; la 16e Line of Communications Sub Area reçoit ceux de la Somme le 29 septembre ; le quartier général des Lines of Communication, sous les ordres du général de division R. F. B. Naylor, installé à Malines, viendra s’établir à Roubaix en décembre.

Tout cela se paie en main-d’œuvre, en cantonnements, en charbon, en réquisitions françaises : les armées britanniques emploient 9 322 civils en France au 6 octobre 1944, 12 315 au 1er novembre. D’où le besoin d’officiers de liaison à cet échelon. Du côté français, la chaîne a changé depuis la Normandie : la Mission militaire de liaison administrative du colonel Hettier de Boislambert, qui donnait ses directives aux officiers de liaison en juillet, cède la place à une section militaire rattachée au Délégué aux relations interalliées, poste créé pour François Coulet par décret du 13 septembre 1944.

Dates repères


Note n° 79 de la Section militaire de liaison auprès du Délégué aux relations interalliées, signée J. Rheims. Copie certifiée conforme, Lille, 19 décembre 1945.

a.b.
DELEGATION AUX RELATIONS INTERALLIEES
Section Militaire de Liaison auprès du Délégué aux Relations Interalliées.
N° 79.

Le 14 octobre 1944.

Le Commandant SAINT LEGER est chargé à la date du 15 Octobre du Commandement des Officiers de liaison pour les « LINES OF COMMUNICATIONS » britanniques.

Il se mettra en rapport avec le Q.G. des Lines Of Communications dont il assurera la liaison avec les autorités Françaises.

Il prendra ses fonctions immédiatement. La liste des Officiers sous ses ordres lui sera donnée ultérieurement.

Le Chef de la Section Militaire de Liaison auprès du Délégué aux Relations Interalliées.

J. RHEIMS.

( Mission Française )
( de Liaison )
( Armée Française. )

Copie certifiée conforme
LILLE, le 19 DEC. 1945
Le Commissaire de Police,

Vu
copie conforme

Trois points de la pièce restent ouverts. Les initiales a.b. portées en tête n’ont pas été élucidées : elles peuvent désigner le rédacteur ou la dactylographe. La note se date du 14, fixe l’effet au 15, et prescrit pourtant une entrée en fonctions immédiate, ce qui se comprend mal si le commandement était déjà exercé. Enfin la mention en trois lignes portée sous la signature, qui reproduit vraisemblablement un cachet, donne un intitulé, Mission française de liaison, qui n’est ni celui de l’en-tête ni celui de la Mission militaire de liaison administrative.

Le point le plus délicat tient à la date. La lettre de condoléances du commandant Darnay, en décembre 1944, présente Claude comme chef de la Mission L of C, et ses états de service le disent en fonctions de chef de bataillon à compter du 1er septembre 1944 ; le rapport du sous-lieutenant Le Roy du 29 août 1944 lui adresse déjà copie d’une pièce destinée à l’officier de liaison de la 3 Sub Area des Lines of Communication. La note du 14 octobre peut donc régulariser une fonction exercée depuis six semaines, ou instituer un commandement distinct et postérieur, le 1er septembre recouvrant alors autre chose. Rien dans le fonds ne permet de trancher.


Sources