Mercredi 30 juin 1915

Mercredi 30 juin 1915

[Papier à en-tête imprimé : « École des Roches — La Guichardière — Verneuil (Eure) ». Annotation postérieure à l'encre verte en tête : « Histoire … » (un mot biffé). Pagination : « 9 ». Le millésime est corrigé de la main de Claude (14 → 15).]

On enferme le conseil municipal de Roubaix avec du pain et de l'eau.

Jeudi 1er juillet

Les Allemands prennent les listes des cercles, des syndicats et des Messieurs habitant le boulevard de Paris. Ils envoient des convocations à tous ceux-ci (presque tous des industriels) ainsi qu'aux principaux curés. Ceux-ci sont tous convoqués pour le jeudi à 11 h. les uns, les autres à 3 h. On prévient ces Messieurs qu'ils partiront à 8 h. le lendemain pour un [village biffé] en Hesse (?) et qu'ils peuvent prendre 35 kg. de bagage avec eux. Ils ne partiront pas s'ils engagent les ouvriers et reprennent eux-mêmes le travail des sacs.

Dans la soirée, il est question que ces Messieurs paient 75.000 fr. pour ne pas partir.

Le lendemain ils se rendent à 8 h. à la mairie ; on leur annonce que le train n'est pas prêt ; on leur donne rendez-vous pour 11 h.

À 11 h. même séance et rendez-vous pour 3 h.

À 3 h. ils se rendent à la mairie. La rue de la gare était gardée militairement. On les conduisit jusqu'à la gare dans un tramway réquisitionné. Là on les conduisit devant un train avec des wagons de bestiaux. On leur dit qu'il n'y avait pas assez de wagons et on leur donna un rendez-vous pour le lendemain à 3 h.

Ils revinrent le lendemain à 3 h. et, ayant encore refusé, ils partirent nul ne sait où !!!

On craint à Roubaix que l'on ne retire les allocations et que l'on supprime les communications avec les communes voisines.

Les Roubaisiens rentrent ce soir (mercredi 7 juillet) à 5 h. du soir. S'ils ne travaillent pas on va suspendre tous les tramways.

[La suite de la page est très effacée et transparaît du verso ; illisible.]