mai 1969 (NDLR : date ajoutée à la main, seule mention manuscrite de la carte)
LE GÉNÉRAL DE GAULLE
Je vous remercie bien sincèrement de votre fidèle témoignage auquel je suis très sensible.
C. de Gaulle.
Cette carte de trois lignes, à l’en-tête « Le Général de Gaulle » et datée de mai 1969, est la réponse de Charles de Gaulle (1890-1970) à une lettre qu’on lui avait adressée. Imprimée, elle reproduit son écriture et sa signature ; seule la date est écrite à la main. Elle ne nomme pas son destinataire, mais la tradition familiale la tient pour adressée à Agnès Wattinne (1904-1993), que les siens appelaient Anny, veuve de Claude Saint-Léger (1897-1944), combattant des deux guerres mort en service commandé à Basseux le 14 décembre 1944. Ni l’enveloppe ni la lettre d’Agnès n’ont été conservées : on ignore ce qu’elle écrivait au Général, et si elle y évoquait son mari.
Le 27 avril 1969, les Français rejettent par référendum le projet de création des régions et de rénovation du Sénat, par 52,41 % des suffrages exprimés. Le Général avait lié son maintien à l’Élysée au résultat. Un communiqué laconique, envoyé de La Boisserie, sa maison de Colombey-les-Deux-Églises, annonce qu’il cesse d’exercer ses fonctions de président de la République le 28 avril à midi. Le 10 mai, il part avec son épouse et son aide de camp pour six semaines en Irlande, loin de la campagne présidentielle, avant de se retirer à Colombey pour écrire ses mémoires. Il y meurt le 9 novembre 1970.
Sa démission lui vaut un afflux de lettres de fidélité. Il y répond par une carte commune. Deux autres exemplaires, passés en vente publique, sont identiques trait pour trait à celui d’Agnès : l’un était adressé à un habitant de Pantin sous une enveloppe oblitérée à Paris le 13 juin 1969, l’autre mesure 20,7 sur 13,3 centimètres. Une écriture à la main ne se superpose jamais exactement à elle-même : il s’agit d’un fac-similé, imprimé en nombre, qui reproduit la main du Général jusque dans la signature. Seule la date est portée à la main, probablement par le secrétariat au moment de l’envoi, à moins qu’Agnès ne l’ait inscrite à réception. L’en-tête, dépouillé de tout titre, dit la situation d’un homme redevenu simple particulier. Le mot « fidèle » appartient à la formule et ne renseigne pas sur les sentiments propres d’Agnès. Le document dit en revanche qu’elle a pris la plume pour écrire au Général au moment de son départ.
Le nom du Général n’était pas étranger à la famille. Le 13 mars 1945, c’est lui qui, comme président du Gouvernement provisoire, avait signé la décision n° 504 attribuant à Claude Saint-Léger la croix de guerre 1939-1945 avec palme, à titre posthume.
mai 1969 (NDLR : date ajoutée à la main, seule mention manuscrite de la carte)
LE GÉNÉRAL DE GAULLE
Je vous remercie bien sincèrement de votre fidèle témoignage auquel je suis très sensible.
C. de Gaulle.