Eugène Wattinne (mon père)

Eugène Wattinne (mon père)

1875 – 1927

Écrit par Anny Wattinne en 1985.

Né en 1875, il avait 6 mois lorsque son père mourut.

Il était très gentil et spirituel, mais d'un caractère assez faible. Il faisait tous les caprices de ma mère qui était très difficile.

Quand il eut 20 ans, ma grand-mère espéra qu'il entrerait dans les filatures d'Hauchy pour assurer la succession de son père ; cela ne se fit pas et ma grand-mère en garda toujours une certaine amertume.

Mon père avait envie de faire des études de médecine, mais ma grand-mère ne voulut pas.

Il se maria en 1902 à 27 ans.

Il s'occupa d'une affaire de rideaux en tulle et voile brodés à la machine.

En 1915, il s'engagea dans les convois sanitaires et fit carrosser son Hispano en ambulance. Il allait chercher les blessés au front et les ramenait dans les hôpitaux de l'arrière.

Vers 1916, il revint en permission tout fiévreux, il avait la scarlatine et la communiqua à :

Il fut démobilisé et s'occupa de fonder la société « La Fraternelle » pour obtenir le retour en France de pères de famille et enfants prisonniers.

Il obtint le retour de 250 000 rapatriés et vieillards, et s'occupa avec la Croix Rouge de l'accueil des prisonniers en gare de Lyon (voir article de journal). Il fut décoré de la Légion d'Honneur.

Après la guerre, il s'occupa de reconstruire le château de Pecq.

Il avait une excellente santé, et à part la scarlatine, je ne l'ai jamais vu malade.

En septembre 1927 à Pecq, il fut atteint d'un cancer du foie et mourut en 3 mois, le 8 décembre 1927.

Dans le même mois que lui, la concierge, Mme Flore, que nous avions depuis 30 ans, eut également un cancer et mourut très rapidement. Notre femme de chambre, Alphonsine, eut aussi un cancer.

Il fit très chaud cet été-là et on a toujours pensé que l'eau stagnante autour du château avait été responsable de ces trois cancers.

C'est une des raisons qui a incité ma mère à vendre la propriété quelques années après la mort de mon père.