Marc Antoine Charles DROULERS — Né le 11/11/1904 à Paris 6° — Décédé le 06/09/1966 à Lombardie, Italie
Marc Antoine Charles DROULERS
Né le 11/11/1904 à Paris 6°
Décédé le 06/09/1966 à Lombardie, Italie
Résumé
Marc Antoine Charles Droulers naît le 11 novembre 1904 à Paris 6e, fils de Charles Henri Amédée Joseph Droulers (1872–1945) et de Madeleine Thureau-Dangin, fille de l'académicien. Son père, avocat à Paris puis industriel à Roubaix, préside les Jardins Populaires de Roubaix et écrit au Journal de Roubaix. Par son grand-père Charles Henri Joseph Droulers (1838–1899), marié à Joséphine Prouvost, Marc est le cousin germain d'Agnès Wattinne, épouse de Claude Saint-Léger : les deux cousins sont nés la même année, à sept mois d'écart.
En décembre 1927, à vingt-trois ans et sans expérience professionnelle, il est envoyé par Claude Saint-Léger représenter les Établissements Agache auprès de leur filiale italienne, la Manifattura Lombarda Lino e Canapa. Cette société est née l'année même de l'association entre Agache et la famille industrielle milanaise Bassetti : ceux-ci fondent à Origgio, dans la province de Varèse, une filature montée avec l'apport de techniciens et de capitaux français, consacrée notamment aux titres fins de chanvre, fabrication jusqu'alors inexistante en Italie. C'est le savoir-faire linier du Nord qui part ainsi en Lombardie. La veille de son départ, à Paris, son père lui remet dix maximes de vie dactylographiées et signées : « Vous avez vingt trois ans. Vous me quittez pour aller prendre en pays lointain, la direction d'une grande entreprise. »
Il y reste cinq ans, chargé de la coordination des services, des commandes industrielles et de la vente des fils, avec la signature sociale pour les traites et les retraits en banque. En septembre 1932, Agache perd le contrôle de l'affaire au profit des Bassetti et lui propose une place à Lille. Il refuse et choisit l'Italie, malgré la mise en garde très ferme de Claude, qui lui prédit de n'être bientôt plus qu'un employé de Bassetti derrière « une de ces très belles façades italiennes ». Sa lettre de rupture est aussi une lettre de gratitude : « Je te dois tout. Tu as eu le courage de me prendre ignorant à 22 ans et de m'envoyer en Italie. » Claude lui répond le soir même : « Qui sait l'avenir ? Peut-être qu'Anny ou moi aurons besoin de toi un jour ! » Sa vie entre 1932 et 1939 n'est pas documentée.
En 1939, à trente-cinq ans et après douze ans de résidence italienne, il s'engage volontairement dans la cavalerie et passe par l'École de Saumur ; selon son fils, il aura fait la guerre « plus à cheval que dans les tanks ». Il se trouve ensuite à Alger, au renseignement économique, dans un bureau situé au Palais d'Été, siège du gouvernement de l'Afrique française, ou à proximité immédiate : le 24 décembre 1942, il voit évacuer l'amiral Darlan, abattu en entrant dans son bureau, et pour qui il n'avait pas de sympathie. Il assiste à des réunions d'officiers de rang très supérieur au sien, et aurait appartenu au groupe de résistants chargé d'empêcher la riposte française au débarquement allié du 8 novembre 1942, sans pouvoir y prendre part, ayant contracté le typhus le jour même. Il épouse à Alger, le 3 janvier 1944, Marie La Caze, onze jours après la mort de Darlan et le mois même où Claude Saint-Léger est nommé chargé de mission au cabinet du délégué général à l'Économie, dans la même administration. Le 22 mai 1943, dans un télégramme censuré adressé d'Alger à sa femme, Claude glisse ces deux mots au milieu des nouvelles de famille : « Marco parfaitement. »
Après la guerre, il fait toute sa carrière à Milan et devient l'un des dirigeants du lin italien : administrateur délégué de la Manifattura Lombarda Lino e Canapa et du Linificio e Canapificio Nazionale, les deux sociétés qui fusionneront en 1971, et administrateur du Crédit Commercial de France. Il devient aussi président des Établissements Agache, à Lille, bouclant ainsi la boucle à la tête de la maison qui l'avait envoyé en Italie à vingt-trois ans. Un ancien de Pérenchies, Marcel Gabet, se souvient que c'était « l'époque où bien des Pérenchinois sont allés faire un petit stage en Italie car Monsieur Droulers était aussi le patron du Linificio dans le nord de l'Italie ». Il est fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du 20 août 1958, publié au Journal officiel du 30 août 1958, sur présentation du ministère des Affaires étrangères, avec la qualité d'industriel : la distinction récompense donc sa carrière au service de l'influence économique française en Italie, non ses états de service. Une notice déclarative lui attribue également la croix de guerre 1939-1945, non confirmée à ce jour.
Il meurt le 6 septembre 1966 en Lombardie, à 61 ans, quelques années avant l'arrivée des frères Willot à la tête d'Agache. De son union avec Marie La Caze naissent quatre enfants : Jean-Marc, né à Alger pendant la guerre, qui dirigera la Villa d'Este à Cernobbio et mourra le 25 juillet 2025, François, Patrick et Nathalie. La famille est aujourd'hui installée à Milan et sur le lac de Côme.
Réserves : tout ce qui concerne la période 1939-1943 repose sur le seul témoignage de son fils Patrick, recueilli en août 2026, et n'est confirmé par aucune pièce d'archive ; le lieu du mariage est donné par Geneanet, l'acte étant demandé au Service central d'état civil ; la croix de guerre est déclarative ; la place de François dans la fratrie demande vérification.
Sources :
- données familiales (gedcom)
- Lettre de la Manifattura Lombarda à MM. Wedier & Schwitter, 9 décembre 1927
- Lettre de la Manifattura Lombarda à Hector Wedier, 16 décembre 1927
- Notices Who's Who, Jean et Marc Droulers
- Correspondances d'affaires entre Claude Saint-Léger et Marc Droulers, septembre 1932
- Livre du Centenaire des Établissements Agache, 1928
- Marcel Gabet, Une carrière aux Établissements Agache
- Treccani, Dizionario Biografico degli Italiani, notice Giovanni Bassetti
- Bassetti (azienda), Wikipedia italienne
- Linificio e Canapificio Nazionale, Centro per la cultura d'impresa
- Grande chancellerie de la Légion d'honneur, Liste unique des décorés
- témoignage de Patrick Droulers, août 2026
Arbre généalogique
François DROULERS
Patrick DROULERS
Nathalie DROULERS