Pierre Constantin PROUVOST — Né le 07/06/1747 — Décédé le 17/07/1818
Pierre Constantin PROUVOST
Né le 07/06/1747
Décédé le 17/07/1818
Résumé
Pierre Constantin Joseph Prouvost est le patriarche de la branche dont sortira le peignage Amédée Prouvost, et la figure qui fait passer la famille de la manufacture d'Ancien Régime à la notabilité municipale. Né à Roubaix le 7 juin 1747 et baptisé le lendemain, il est le fils de Jacques Prouvost (1699-1774), maître de manufacture, et de Marie-Agnès Florin (1712-1767), issue d'une ancienne famille de la Fabrique roubaisienne. Il épouse le 21 février 1775 Marie Henriette Destombes (1747-1798), fille de Jean Joseph des Tombes, échevin de Roubaix de 1740 à 1751 — un mariage entre deux lignages échevinaux qui redouble le capital social autant que le patrimoine.
Reçu maître de manufacture en 1777, il devient l'un des principaux fabricants roubaisiens et figure, à la veille de la Révolution, en tête des habitants les plus imposés de la paroisse. Échevin de Roubaix sous l'Ancien Régime, il traverse la Terreur en danger de mort : la tradition familiale rapporte qu'il n'échappa à la guillotine que par la réaction thermidorienne. Il devient maire de Roubaix le 13 août 1795, et l'un de ses premiers actes est significatif du rôle qu'il entend jouer — le 22 vendémiaire an IV, avec le conseil municipal, il lève le séquestre apposé sur la caisse du percepteur pour employer les fonds en secours aux pauvres.
Il meurt à Roubaix le 17 juillet 1808, à soixante et un ans, dix ans après sa femme. De ses enfants, deux poursuivent la lignée marchande : Henri Prouvost (1783-1850), manufacturier et maire adjoint de Roubaix de 1821 à 1826, dont le fils Amédée Prouvost fondera le peignage en 1851 ; et Bon Ami Prouvost (1785-1827), négociant et administrateur des Hospices. Un premier fils, prénommé comme lui Pierre Constantin, était mort en 1781 à l'âge de quatre ans.
Sa charge de maire, en 1795, mérite d'être mesurée à ce qu'elle sera plus tard : Roubaix n'est alors qu'un bourg de quelques milliers d'habitants vivant du travail à domicile. Quatre générations plus loin, la même famille emploiera des milliers d'ouvriers dans ses peignages. Entre les deux, la continuité n'est pas celle d'une entreprise — il n'y en a pas encore — mais celle d'une position : celle des maîtres de manufacture qui, de père en fils, tiennent à la fois l'atelier et l'échevinage.
Sources :