Angers, 8 mai 1920
Angers, 8 mai 1920
Cher Monsieur,
Je me permets de vous envoyer un petit mot, profitant pour ce d'un instant de liberté pendant le travail.
Actuellement nous ne sommes pas très très pressés, la grève des cheminots nous a arrêtés et sommes fort ennuyés de cela.
La saison s'annonce bonne et il est fort préjudiciable pour les affaires d'être ainsi arrêté pour des bagatelles.
Depuis deux mois que je suis redevenu civil, vous pouvez croire que je me sens parfaitement heureux, quoiqu'à 26 ans j'ai (?) toujours la chance de bien tomber.
Je ne reçois que peu de nouvelles des amis. Quelques lignes de temps en temps de Landais (?) et de Coustin (?). Abrivant (?), lui-même, semble avoir laissé la plume de côté, se réservant pour la rentrée prochaine au pays.
Je reçois par contre de très bonnes nouvelles de Belgique, de […] grâce (?) et du Court (?)… Si j'écoutais les conseils de mes amis, je devrais aller faire un petit tour là-bas… mais ! Peut-être un jour retournerons-je à Court (?), car j'aimais bien les personnes chez qui nous logions.
Eugène est toujours à Metz. Je […] s'est enfin décidé à […] le peloton et je crois qu'il sera caporal sous peu : il est grand temps.
Voici cher Monsieur tout le neuf du petit moment de la […] !
Mes parents me prient de vous transmettre leurs hommages.
Cordialement à vous
[Signature illisible : « Houdelaine » ? « Housselaine » ?]