Filature Motte-Bossut (« La Filature Monstre »)
Filature Motte-Bossut (« La Filature Monstre »)
Résumé
La filature monstre est le surnom donné à l'usine fondée en 1843 par Louis Motte-Bossut sur un bras du canal de Roubaix, avec l'appui de son beau-frère Louis Wattinne et de M. Cavrois-Grimonprez. Construite sur le modèle des grandes filatures anglaises et équipée de métiers self-acting — mécanismes à filer automatiques encore rarissimes en France — elle impressionne immédiatement par sa taille : cinq étages, 18 000 broches dès 1843, soit la capacité de dix filatures moyennes de l'époque. Partiellement détruite par un incendie en juillet 1845, elle est reconstruite en dix mois sur des bases encore plus ambitieuses, atteignant 44 000 broches — plus que l'ensemble des autres filatures de Roubaix et Tourcoing réunies. Son architecture néo-gothique en brique, avec ses créneaux, ses pignons à redents et sa cheminée crénelée de 37 mètres, affiche délibérément la puissance de la famille Motte-Bossut sur le paysage urbain. Un second incendie en 1866 la détruit entièrement ; une annexe construite à l'épreuve du feu en 1862 sur l'autre rive du canal lui succède, agrandie et rehaussée à plusieurs reprises. La société prend successivement les noms de Motte-Bossut et Fils en 1867, puis développe une filature de laine reliée par une passerelle en 1877. L'usine cesse son activité en 1982, victime de la crise textile. Inscrite aux Monuments historiques en 1978, elle est rachetée par la ville de Roubaix et donnée à l'État, puis réhabilitée entre 1989 et 1993 par l'architecte Alain Sarfati pour accueillir les Archives nationales du monde du travail.
Sources : Wikipedia, Usine Motte-Bossut ; Archives nationales du monde du travail, archives-nationales-travail.culture.gouv.fr ; base Mérimée PA00107791, ministère de la Culture ; museedupatrimoine.fr
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