Edouard Donat Louis Joseph AGACHE — Né le 06/07/1841 à Lille — Décédé le 16/08/1923 à Paris

Edouard Donat Louis Joseph AGACHE
Né le 06/07/1841 à Lille
Décédé le 16/08/1923 à Paris

Résumé

Édouard Donat Louis Joseph Agache est celui qui transforme une association familiale prospère en la plus importante entreprise française de filature de lin. Né à Lille en juillet 1841, fils aîné des sept enfants de Donat Agache et de Julie Tailliar, il n'a que seize ans quand son père meurt en 1857. L'affaire est alors gérée par l'associé Florentin Droulers, en société avec la veuve Agache-Tailliar, pendant que le jeune homme acquiert par la pratique les connaissances de l'industrie linière. La mort de Florentin Droulers en 1868 ouvre la crise de succession : Édouard partage désormais la gestion avec Charles Droulers, héritier du fondateur associé, mais les deux hommes ne s'entendent pas sur l'ampleur des investissements — l'histoire officielle de la maison reconnaît sans détour qu'Édouard effraya son associé par la hardiesse de ses conceptions. La séparation amiable de 1870 partage l'actif : l'usine de Pérenchies revient aux Agache, celle de la rue du Croquet aux Droulers. C'est le moment fondateur de la dynastie.

Libéré de son associé, Édouard Agache constitue en 1872 la société en commandite simple Agache Fils avec son frère Edmond comme cogérant. La même année, il épouse Lucie Kuhlmann, fille de l'industriel chimiste Frédéric Kuhlmann : par cette alliance il est appelé à seconder son beau-père à la tête de la Manufacture de produits chimiques du Nord, puis à en présider les destinées pendant trente-huit ans. Peu d'industriels français auront ainsi dirigé simultanément deux grandes entreprises de secteurs différents. Il est également administrateur de la Compagnie des chemins de fer du Nord et chevalier de la Légion d'honneur.

Son intelligence industrielle est d'ordre technique autant que financier. Dès 1877, il conçoit d'appliquer au traitement des étoupes de lin les petites peigneuses employées par les filatures de laine, afin de réduire les déchets de fabrication ; l'adaptation, réalisée par l'ingénieur mulhousien Schlumberger, exige de longs essais mais abaisse durablement le prix de revient et permet à la maison de traverser la crise de 1878-1881, au moment même où son frère Edmond se retire pour se consacrer aux arts. En 1887, l'entreprise devenue trop vaste pour son cadre juridique est transformée en société anonyme au capital de quatre millions de francs, divisé en huit cents actions de cinq mille francs, sous la raison Société anonyme de Pérenchies. Les années qui suivent sont, selon la formule du livre du centenaire, celles des nations heureuses qui n'ont pas d'histoire : grands prix à l'Exposition universelle de 1889, membre du jury de celle de 1900, cinquante-cinq mille broches et trois mille cinq cents ouvriers à la veille de la Grande Guerre.

C'est sous sa présidence qu'André Saint-Léger entre dans la maison. En 1913, la société acquiert à La Madeleine-lez-Lille la filature de lin de neuf mille cinq cents broches dont il est propriétaire ; André Saint-Léger devient personnellement administrateur, aux côtés de Donat Agache, fils d'Édouard, et de Jean Delemer, son gendre. La guerre disperse ce conseil : Édouard Agache se trouve en zone libre, tandis que Delemer, Saint-Léger et le fondé de pouvoirs Bernhard restent enfermés dans Lille occupée, au siège de la rue du Vieux-Faubourg, pour résister aux réquisitions allemandes. Les usines sortent du conflit à l'état de ruines.

Édouard Agache meurt à Paris le 16 août 1923, à quatre-vingt-deux ans, alors que la reconstitution touche à son terme. Sa mort recompose le conseil d'administration : la présidence passe à son fils Donat, et trois nouveaux administrateurs y sont appelés — ses petits-fils René et Maxime Descamps, et Claude Saint-Léger, âgé de vingt-six ans. Sa descendance irrigue durablement l'entreprise : sa fille Madeleine épouse Maxime Descamps, sa fille Marie-Lucie épouse en 1905 l'avocat Jean Delemer, qui devient administrateur-directeur. La maison de retraite pour vieux ouvriers édifiée à Pérenchies par ses enfants, en exécution de son vœu, porte son nom.

Sources :

Arbre généalogique

 
Mariés le 20/05/1873
 
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