Peignage Amédée Prouvost
Peignage Amédée Prouvost
Résumé
LE PEIGNAGE AMÉDÉE PROUVOST (1851–1999)
Lieu : Roubaix (puis Wattrelos), Nord
Activité : Peignage et filature de laine
Durée d'existence : 148 ans
En 1851, Amédée Prouvost (1820-1885) s'associe avec les trois frères Louis, Jean et Henri Lefebvre pour fonder la société Le Peignage Amédée Prouvost et Cie autour de l'église Saint-Martin de Roubaix. C'est l'un des premiers grands peignages mécaniques de la région — avec celui de Lorthiois-Malard à Tourcoing, qui figure aussi dans notre arbre familial. Le peignage est l'opération qui consiste à démêler, nettoyer et paralléliser les fibres de laine pour produire un ruban continu destiné à la filature.
L'entreprise croît rapidement. En 1865, un second peignage est érigé rue du Collège. En 1867, lors de leur visite dans le Nord, Napoléon III et l'impératrice Eugénie font spécialement demander à visiter les usines d'Amédée Prouvost. Le compte rendu officiel note que « Leurs Majestés ont traversé entièrement le peignage dans ses deux subdivisions, n'ont eu que des éloges à distribuer, tout a été prévu dans ce magnifique établissement pour le bien-être des ouvriers. » En 1892, la société devient anonyme et étend ses bâtiments rue de Cartigny et rue d'Alger, le long de la voie ferrée.
En 1911, le petit-fils d'Amédée, Jean Prouvost (1885-1978), fonde la Lainière de Roubaix rue d'Oran — filature qui transforme le ruban de laine sortant du Peignage en fil de tissage ou de bonneterie. La Lainière devient rapidement la plus grande filature d'Europe et emploie jusqu'à 8 000 personnes. Elle lance en 1923 les laines Pingouin, sous une marque devenue mondiale. Jean Prouvost parallèlement bâtit un empire de presse : Paris-Soir, Paris-Match, Marie-Claire, Cosmopolitan, Télé 7 Jours. En 1927, l'unité de la rue du Collège est abandonnée et un grand peignage est érigé à Wattrelos. En 1951, le Peignage Amédée fête son centenaire avec une messe célébrée par le cardinal Liénart. La même année, la société holding Prouvost SA est constituée, devenant le leader mondial du négoce et de la transformation de la laine. En 1966, fusion avec le Peignage Alfred Motte ; en 1970, avec le Peignage Fouan. En 1988, entrée dans le groupe Chargeurs SA. En 1998, cession à l'italien Botto. En 1999, liquidation judiciaire et fermeture définitive.
Les œuvres sociales sont remarquables : une première cité de 350 maisons est érigée dès 1868, une caisse de retraite créée en 1896, un stade inauguré en 1923, un restaurant communautaire en 1926, une coopérative en 1931. Entre les deux guerres, plusieurs sociétés d'habitations à bon marché sont créées et financées par le groupe.
Amédée Prouvost (1820-1885) est notre arrière-arrière-arrière-grand-père. Son père Henri Prouvost (1783-1850), manufacturier et maire adjoint de Roubaix de 1821 à 1826, est le patriarche de la branche. La fille d'Amédée, Joséphine Prouvost (1845-1919), épouse Charles Henri Droulers — petit-fils de notre ancêtre Pierre Joseph Droulers de Wattrelos, cofondateur des Établissements Agache. De cette union naît Madeleine Droulers, qui épouse Eugène Wattinne, dont la fille Agnès Wattinne épouse Claude Saint-Léger en 1922. Le Peignage Amédée Prouvost est ainsi, avec les Établissements Agache et la filature d'Auchy-lès-Hesdin, le troisième grand empire industriel de notre arbre familial.
Sources : Wikipédia (Peignage Amédée Prouvost, Famille Prouvost) ; Archives nationales du monde du travail (fonds Prouvost) ; POP Patrimoine (IA59000488) ; thierryprouvost.com/Usines-Prouvost.html ; données familiales Gramps.
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